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LIVRE V

La Grèto contre tes États

Arme, dit-on, ses fiers soldats ;

Pour les tiens je crains leur rencontre. »

Il n'a pas achevé ces mots Qu'un courrier débarque à Samos, Criant : « Au roi paix et victoire !

Nepfune a combattu pour lui :

Les guerriers de Crète aujourd'hui Sous les flots ont péri sans gloirô. » '

« — Enfin je te proclame heureux !

Mais, crois-moi, le sort rigoureux Te garde quelque épreuve étrange :

Souffrir est le destin de tous ; A nul mortel le ciel jaloux N'accorde un bonheur sans mélange.

Comme à toi tout m'a réussi, Pour moi. de la Fortune aussi Longtemps la faveur fut complète ; Mais je n'avais qu'un fils... Hélas I Je l'ai vu mourir dans mes bras :

Au malheur j'ai payé ma dette.

Contre lui pour te prémunir, Demande aux dieux qu'à l'avenir Tes succès soient mêlés d'alarmes ; Quand le ciel verse à pleines mains

Ses faveurs sur quelques humains, Sois sûr qu'ils mourront dans les larmes.

Si les dieux repoussaient tes vœux, Ami, crois-en mes blancs cheveux, Toi-même appelle Tinfortune ; De tes trésors, heurdix vainqueur, Choisis le plus cher à ton cœur, Et le jette au sein de Neptune. »

< — À ta crainte, ami, je fais droit :

Vois, l'anneau qui brille à mon doigt, Nul bien ne m'est plus cher au monde ; Pour qu'il m'obtienne mon pardon, Aux dieux de la mer j'en fais don. »

Et l'anneau disparait sous l'onde.

Or, dès l'aube du jour suivant.

Un pêcheur, en hâte arrivant.

Du palais a franchi la porte.

« Jamais rets, jamais hameçon, roi, n'ont pris plus beau poisson Que le turbot que je t'apporte. »

Mais, pendant l'apprêt du festin.

L'intendant se trouble, et soudain Vers le prince accourt au plus vite.

« L'anneau que tu perdis tantôt

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