‹ FablesChapitre 130 sur 172 · XIIL LES DEUX COQS ET LE CHIEN · texte numérisé non relu

XIIL LES DEUX COQS ET LE CHIEN

Un coq était entré dans une métairie ; Le coq du logis en furie

Vers lui s'élanco et, l'œil en feu, Pousse un cri prolongé qui déchire Toreille.

L'étranger s'intimide peu,

Et répond d'une voix pareille.

La querelle dura longtemps,

Chacun par ses cris éclatants

Prétend forcer l'autre au silence.

Nonchalamment couché dans la cour au soleil, Un gros dogue pestait contre leur turbulence.

Qui le privait de son sommeil.

« A mon aide, ô brave Cerbère !

Dit le coq de la ferme, un intrus téméraire

Voudrait ici faire la loi,

Et t'insulte aussi bien que moi ; Montre-lui donc tes crocs, pour que je le confonde.

— Ami, lui répartit le chien,

Te taire est le plus sûr moyen

D'empêcher qu'il ne te réponde. »

On veut, dans la dispute, avoir le dernier mot, Quand céder est d'un sage, et s'obstiner d'un sot.

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