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LIVRE V

« Chacun, se disaient-ils, ayanl droit à son tour

De s'en servir pendant un jour, L'âne et le ciel aidant, nous chercherons fortune. » L'alné, c'était justice, eut l'âne le premier. Il le conduit au bois, et du bois à la ville. Le frappant sans pitié, d'un bâton de cormier. « Quant à le bien nourrir, c'était chose inutile.

Pensait l'avare ; l'animal Chez mon frère demain trouvera l'abondance ; Ménager mon fourrage est profit et prudence.

Abstinence d'un jour n'a jamais fait de mal. » Près du frère cadet tout se passa de même :

Du travail et des coups ; d'orge et de foin, néant.

De même aussi chez le troisième.

« En marche pour le bois, animal fainéant !

Avant l'aube criait l'impitoyable maître.

En marche ! eh quoi, tu voudrais paître !

Mes frères t'ont gâté, paresseux, je le vois ; Ils t'ont à trop bien vivre habitué sans doute ; Je veux faire autrement. » Mais l'âne, cette fois,

Ne put même aller jusqu'au bois :

Do faim, d'épuisement, il tomba sur la route ;

Un fossé devint son tombeau.

Mes ladres, maintenant partagez-vous sa peau !

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