IX. LES TÉMOINS DU POÈTE IBYCXIS
Aux paisibles combats de la lyre et des vers
Corinthe a convoqué les peuples de la Grèce ;
Et déjà dans ses murs, qui dominent deux mers,
La ibule est accourue, et s'agite, et se presse.
Seul, à pied, s'appuyant sur un léger bâton.
Par un sentier désert, vers l'isthme s'achemine
Ibycus, cher au dieu qui terrassa Python.
Aux premiers feux du jour dont le ciel s'illumine,
Déjà l'Acrocorinthe à ses yeux se dessine.
Il marche allègrement, — tout poëte est piéton, —
Et fredonne des vers, quand soudain, dans les nues.
Il entend les clameurs d'une troupe de grues
Qui, de nos longs hivers redoutant le courroux.
Vont jusqu'aux bords du Nil chercher un ciel plus doux.
« Salut, dit Ibycus, salut, troupe légère I
Pour moi votre rencontre est d'un présage heureux.
Nos destins sont pareils : poëte aventureux.
Je cherche, comme vous, une terre étrangère.