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XXV. ÈVB ET LA CHENILLE

Quand réponse d*Adam, par le serpent trompée.

De Tarbre défendu cueillit le fruit mortel,

Et que du Chérubin la flamboyante épée

Chassa du paradis le couple criminel,

Se tenant par la main, dans leur douleur profonde,

Ils marchaient en silence, et s'emparaient du monde.

Pour la première fois le père des humains

De sa sueur trempa la terre, Et, retournant le sol à regret tributaire.

Il dut sa subsistance au travail de ses mains.

Eve, à de moindres soitfs livrée.

Tentait d'apprivoiser de jeunes animaux.

Cueillait la mûre noire ou la figue dorée,

Des arbres trop chargés étayait les rameaux, Ou conduisait la source à la plante altérée.

De rosiers enlacés ses mains avaient formé Au-devant de sa grotte un berceau parfumé.

Et souvent, au lever de la riante aurore.

Elle avait observé sur leurs tiges en fleurs Une chenille, au corps peint de vives couleurs, Qui, joyeuse, rongeait les boutons près d'éclore. Mais un jour du berceau, vers Fheure de midi, Eve, avec son époux, gagnant le frais asile.

Dans un réseau soyeux vit Tinsecte immobile.

Surprise, elle le prend; il est froid, engourdi.

Sa forme première est changée :

Une coque noirâtre, écailleuse, allongée.

Enveloppe son corps insensible et roidi.

La compagne d*Adam s'épouvante et s'écrie :

« Qu'est ceci, cher époux? serait-ce point la mort? Ce petit animal, sur la branche fleurie.

Des feuilles ce matin rongeait gatment le bord, Et le voilà glacé I... C'est la mort, c'est la mortl péché, que de maux tu traînes à ta suite I Par les enfants de l'homme être à jamais maudite, N'était-ce point assez. Seigneur? Et fallait-il Punir aussi de mort, à cause de mon crime.

Tous ces bons animaux, nos compagnons d'exil ? Pauvre chenille, ô toi, ma première victime.

Je veux te conserver : ta vue à chaque instant Viendra me rappeler le sort qui nous attend. » A ces mots dans sa grotte elle rentre, et dépose L'insecte transformé, sur des feuilles de rose ; Et son œil, chaque fois qu'elle entre ou qu'elle sort,

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