XVIU. LE RENARD ET LE SERPENT
Sur un arbre élevé de la Louisiane
Était un nid de ces geais bleus.
Dont les cris discordants, les jeux tumultueux,
Troublent la paix de la savane.
Un renard affamé, qui rôdait dans les bois,
Près de là passe, et d'aventure
Entend l'aigre et traînante voix
Des geais réclamant leur pâture.
Môme il en voit plus d'un qui, déjà grand et fort. Quitte le fond du nid et grimpe sur le bord,
Tout prôt à prendre sa volée. , À cet aspect, sentant sa faim doublée.
Notre bandit rend grâce au sort :
Déjà sous sa dent vide il croit tenir, il broie
La tendre et délicate proie.
Mais au nid comment arriver ?
La branche la plus basse est encore trop haute
Pour qu'il s'en aide à s'élever.
C'est en vain qu'il bondit, qu'il s'élance, qu'il saute,
En vain que sur ses pieds dressé,