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XIX. L'OURS ET LES ABEILLES

Dans les Alpes mainte fois J'ai vu les bons villageois Placer les hautes corbeilles, Pénates de leurs abeilles, A la lisière des bois.

C'est surtout quand la peuplade Est languissante ou malade.

Qu'on la porte un beau matin Aux lieux où fleurit le thvm.

Un jour, vers un des asiles

De ces insectes agiles

L'ours s'avançait en flairant.

Quand une abeille, rentrant

Dans son pavillon de cire,

Piqua le museau du sire.

Vain, querelleur, entêté

Comme un sot, Tours se courrouce ;

Et, dans sa stupidité,

D'une brutale secousse

Il renverse sur la mousse

La bourdonnante cité.

Tout fier de cette vengeance.

Mon butor en diligence

S'en allait rentrer au bois.

Quand des ruches culbutées

Les abeilles irritées

Sortent toutes à la fois.

Dans leur ardente colère.

Elles font vibrer leurs dards.

Et fondent, de toutes parts,

Sur l'enneikii téméraire

Qui renversa leurs remparts.

Vainement vers sa tanière

Au pas de course il s'enfuit,

L'escadron volant le suit ;

Vainement sur la poussière

Il se roule ea rugissant ;

Les abeilles écrasées

Par d'autres sont remplacées.

Et leur nombre va croissant.

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