‹ FablesChapitre 50 sur 172 · XX. LE BŒUF ET LE CERF · texte numérisé non relu

XX. LE BŒUF ET LE CERF

Un bœuf au p^ pesant, un cerf au pied léger,

Côte à côte paissaient dans la même prairie.

« Âmi cerf, dit le bœuf, si le tigre en furie

Vient à sortir du bois, veux-tu que sans bouger

Nous Tattendions tous deux ? La prudence a des bornes

Devant nos ennemis pourquoi fuir lâchement ?

Sur nos fronts ton bois et mes cornes Sont une arme, et non pas un futile ornement. — Ami, répond le cerf, j*admire ton courage,

Mais l'imiter me siérait mal :

Moi, dans un combat inégal, D'un tigre ou d'un lion j'irais braver la rage I

Non ; je le dis sans hésiter, La fuite en pareil cas n'a rien qui m'humilie : Affronter le péril, quand on peut l'éviter,

Apprends de moi que c'est folie. »

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