‹ FablesChapitre 69 sur 172 · LIVRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE IIL

Dans les jambes du sire établir ses pénates.

Mais un jour que le chien s'abandonne à ses jeux,

Le lion, rêveur, ombrageux, S'irrite des efforts qu'il tente pour lui plaire ;

Et, dans un accès de colère.

Levant sur lui la patte, il l'étend presque mort. Sans doute il n'avait pas voulu frapper si fort, Car, sitôt qu'il le vit sanglant et sans haleine, Au plus vif désespoir son cœur s'abandonna.

Mais abrégeons : le chien guérit et pardonna.

Au rebours de l'espèce humaine.

Jamais chien n*a gardé de haine.

Le nôtre toutefois devint plus circonspect; Au folâtre enjoûment succéda le respect.

Le lion s'en plaignit : « Mon crime involontaire N'est-il pas expié, quand j'en ai tant gémi?

Reprends tes jeux : garder rancune à son ami

Dénote un mauvais caractère.

~ De la rancune, moi I répond le pauvre chien, Oh ! non; depuis longtemps, ami, je te le jure.

Du fond du cœur, j'ai pardonné l'injure,

Mais, malgré moi, toujours je me souvien. »

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