‹ FablesChapitre 84 sur 172 · XXV. LE ROSSIGNOL ET L'HIRONDELLE · texte numérisé non relu

XXV. LE ROSSIGNOL ET L'HIRONDELLE

C'est pendant les longs soirs amenés par novembre, Quand ma poitrine en feu, qu'excite un air trop vif,

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Me condamne à garder les arrêts dans ma chambre,

Qu'en proie à cet ennui qui ronge tout captif,

Les pieds sur mes chenets, le coude sur ma table,

J'appelle à mon secours la Muse de la fad)le.

Mais dès qu'avril plus doux, aux branches des buissons.

De son souffle attiédi fait fondre les glaçons.

Sitôt qu'au bord du bois a fleuri l'anémone.

Que de ses chatons d'or le saule se couronne,

Quand, messagère des beaux jours.

L'hirondelle à ma cheminée.

Joyeuse, a retrouvé son nid de l'autre année, Quand l'alouette aux vents raconte ses amours. Muse, adieu : plus de vers. Disciple de Linnée, De mes excursions recommençant le cours.

Je visite les bois, les vallons et les plaines : Il n'est sentier si rude, aux monts de nos Ardennes, Dont mon pied curieux ne sache les détours.

Pourtant si, fatigué de ma course pédestre.

Vers le déclin du jour, parfois je vais m'asseoir.

Au pied d'un arbre, immense orchestre.

Où mille oiseaux en chœur chantent l'hymne du soir. Au bruit de leurs concerts si doux à mon oreille. Ma muse paresseuse un instant se réveille, £t mon vers babillard, excité par leurs jeux, Sautille sur la branche et gazouille avec eux.

C'est ainsi que naguère, en un site champêtre, Comme l'heureux Tityre, étendu sous un hêtre,

J'ai rimé cette fable ; — Un jour.

Le chantre du printemps disait à l'hirondelle : « Depuis que de nos bois désertant le séjour,

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