V. LA FORTUNE ET LE POETE
L'autre soir, j'étais endormi, A grand bruit on frappe à ma porte.
« Qui heurte si tard? — Ouvre, ami, C'est la Fortune et son escorte.
— Ailleurs il faut porter vos pas.
Car la méprise est par trop grande :
Mon humble logis ne peut pas Suffire à loger votre bande.
— N'en prends que moitié, si tu veux A la Grandeur, à l'Opulence, Partout objet de tant de vœux, Ouvre vite. — A d'autres la chance !
— Le Jeu dont le cornet bruyant Peut t'enrichir en moins d'une heure.
Et la Faveur, au front riant...
— Qu'ils s'éloignent de ma demeure.
— J'y consens ; mais fort à propos Je t'amène la Renommée.
— Non, j'y risquerais mon repos.
Que je préfère à sa fumée. »