‹ FablesChapitre 93 sur 172 · V. LA FORTUNE ET LE POETE · texte numérisé non relu

V. LA FORTUNE ET LE POETE

L'autre soir, j'étais endormi, A grand bruit on frappe à ma porte.

« Qui heurte si tard? — Ouvre, ami, C'est la Fortune et son escorte.

— Ailleurs il faut porter vos pas.

Car la méprise est par trop grande :

Mon humble logis ne peut pas Suffire à loger votre bande.

— N'en prends que moitié, si tu veux A la Grandeur, à l'Opulence, Partout objet de tant de vœux, Ouvre vite. — A d'autres la chance !

— Le Jeu dont le cornet bruyant Peut t'enrichir en moins d'une heure.

Et la Faveur, au front riant...

— Qu'ils s'éloignent de ma demeure.

— J'y consens ; mais fort à propos Je t'amène la Renommée.

— Non, j'y risquerais mon repos.

Que je préfère à sa fumée. »

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