LE RENARD ET LE LOUP-CERVIER
Un renard glapissait d’une façon: bien triste :
Il s'était pris au piége. Un loup-cervier touriste, Curieux de savoir la cause de ses cris,
Pour le venir le trouver s'écarta de sa route.
— Voyez, dit le renard, comme me voilà pris ; Ah! je méritais mieux sans doute !
Je suis victime du devoir ;
On vous disait malade et je courais vous voir.
Le pauvre loup-cervier que le'plaisir transporte Répond :
—Ma griffe est forte ît je suis bien adroit.
Je ne saurais laisser renard au cœur si droi Dans un danger si redoutable :
11 faut être plus charitable, Je vais ouvrir le piége ; allons, pauvre captif, Otez-vous : sovez vif.
Le loup-cervier, alors, par un effort suprême, Ouvre le piége un peu ; Il sauve le renard, mais il se prend lui-m°me.
— Adieu !
Dit avec artifice Le renard en partant ; J’adiuire fort ton sacrifice Mais n'ose pas en faire autant,
Ne faites pas le bien pour de vils honoraires ; Écoutez votre cœur, mais aussi la raison.
Si de tlatteurs discours vous rendent témnéraires Vous ne serez payés que par la trahison.
Hi HA FABLE XVII.