‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 109 · LE RENARD ET LE LOUP-CERVIER · texte numérisé non relu

LE RENARD ET LE LOUP-CERVIER

Un renard glapissait d’une façon: bien triste :

Il s'était pris au piége. Un loup-cervier touriste, Curieux de savoir la cause de ses cris,

Pour le venir le trouver s'écarta de sa route.

— Voyez, dit le renard, comme me voilà pris ; Ah! je méritais mieux sans doute !

Je suis victime du devoir ;

On vous disait malade et je courais vous voir.

Le pauvre loup-cervier que le'plaisir transporte Répond :

—Ma griffe est forte ît je suis bien adroit.

Je ne saurais laisser renard au cœur si droi Dans un danger si redoutable :

11 faut être plus charitable, Je vais ouvrir le piége ; allons, pauvre captif, Otez-vous : sovez vif.

Le loup-cervier, alors, par un effort suprême, Ouvre le piége un peu ; Il sauve le renard, mais il se prend lui-m°me.

— Adieu !

Dit avec artifice Le renard en partant ; J’adiuire fort ton sacrifice Mais n'ose pas en faire autant,

Ne faites pas le bien pour de vils honoraires ; Écoutez votre cœur, mais aussi la raison.

Si de tlatteurs discours vous rendent témnéraires Vous ne serez payés que par la trahison.

Hi HA FABLE XVII.

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