LES DEUX CULTIVATEURS ET LE SERPENT
Un cultivatéur péuvie äÿänt sur 804 domidié Bien des cailloux, petit et gros, Ne prenait guère de repos,
Et pour l:s amasser se donnait grande peine.
Un voisin plus heureux n'avait pas dans son clos Le plus petit caillou, la plus petite ornière :
Il était toutefois d’une humeur chicanière
Et se fâchait à tout propos.
—Stupide travailleur, dit-il au prolétaire, Tu gagnes mille fois ton pain ;
Plutôt que d’épierrer une pareille terre, J'aimerais mieux mourir de faim.
Et comme il terminait cette rude apostrophe Digne d’un philosophe A la mode d'aujourd'hui, Un serpent venimeux se dirigea vers lui.
— Vite, voisin, fait-il; viens ! apporte une roche, Que je tue à l'instant ce serpent qui s’approcte !
À tout propos, à tout sujet
Que votre humeur ne varie :
Ce qui sur l'heure contrarie Peut tantôt servir un projet.