L’'ABEILLE ET L'ENFANT GOURMAND
La gourmandise, d'ordinaire,
Est la passion de l'enfant,
Qui prête un charme imaginaire L Au fruit qu'on lui défend.
À ce mal donnons le remède
En la convenable saison,
Mais il ne faut pas qu’on excède
Ce que demande la raison.
Un enfant renommé par sa gloutonnerie
Et ses mauvais desseins, :
Découvrit des essaims Cachés dans un tronc creux au bord de la prairie.
—Du miel ! s’écria-t-il, et pour un bon repas !
L'eau m'en vient à la bouche !...
C’est à peine chez nous si l’on veut que j'en touche; | J'en goûte un peu parfois, mais je n’en mange pas.
Sur le tronc, aussitôt, lestement il se juche Et porte sur la ruche Une indiscrète maiu,
Mais une abeille sort et le pique soudain.
Au pauvre qui demande accordez une obole :
Il est beau de s’apitoyer ; Mais contre l’effronté qui vole Défendez bien votre foyer.