‹ Fables [microforme] (volume 3)Chapitre 20 sur 100 · LE CYGNE · texte numérisé non relu

LE CYGNE

Dans la nappe d'or d’un fleuve paisible, A l'heure où s’en va le bac du pêcheur, Un cygne mirait, fier de sa blancheur, En se balancant, son gaibe flexible ;

Puis autour de lui des cercles nouveaux Toujours s’éloignant sur les claires eaux, Traçaïent tour à tour comme une auréole.

Un poisson jaloux, prenant la parole, Aux autres poissons dit en le voyant :

—-Souffrirons-nous donc dans notre domaine Je fier étranger au col endoyant ?

eaux eaux, uréole.

le,

nt :

, domaine à |

pn vol l’apporta que son vol l'emmène; est un oiseau, non pas un poisson,

—Qu'il s’en aille loin! uit à l’unisson, ke cœur menaçant des poissons stupides, t tous contre lui s’élancent alors.

cygne ouvre, ému, ses ailes rapides vole en chantant jusque sur les bords.

De quel droit viens-tu ? dit un quadrupède, brtant irrité de l'ombre des bois

e ne souffre pas qu’on me dépossède :

a-t-en dans les airs.

—Le cygne, aux abois, agea dans l'air pur e: dans le lumière, Lodulant encore un 1oupir divin.

lors tout à coup, la tête première,

‘un nuage noir fondit l'aigle vain :

Descends, lui dit-il, tu u’es pas des nôtres ! r le sol haï souvent tu te vautres

Comme l'animal qui ne vole pas ;

Comme un vil poisson tu nages, toi cygne, Et tu prends dans l’eau tes joyeux ébats.

Descends, ou, vois-tu, j'appelle d’un sigre, Pour te foudroyer, mes sujets de l’air.

Le cygne s'enfuit au fond du ciel clair.

Depuis ce temps-là dans la solitude Le suave oiseau se cache avec soin ;

Il soupire seul, plein d'inquiétude,

Et le moindre bruit le fait fuir au loin.

Parmi nous, hélas ! souvent le géuie

À même destin que le cygne doux ;

Il sème, eu fuyant, des flots d'harmonie, Sur les oublieux et sur les jaloux.

Nous

| cygne, bats.

| sigre, ir.

oin.

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