LE SAULE ET LE PIN
—Tu trembles, tu te plains, et c'est bien par ta faute, Dit au pin, son ami, le saule du vallon, Un jour que l’aquilon Hurlait au sommet de la côte, Et que l'arbre d’en haut se tordait en tous sens
— Descends done près de moi, pauvre insensé,descends, Fit-il encore. Viens au pied de la colline.
(ci, pas de tempête ; à peine l’on s'incline ;
À peine un soufile frais caresse nos rameaux,
Fi l’on est à l'abri de presque tous les maux,
L'autre ne répond pas. . Tout entier à la lutte, Il se courbe et se dresse, il s’agite et frémit. Ses racines de fer au sol qui s’affermit Se cramponnent plus fort pour empêcher la chute Enfin, malgré le vent qui brise tout, Sur la cime il reste debout, Alors, au fond de la vallée, Se jette la tempête ailée, Et, pareille à la faulx qui rase les moissons, Flle abat sur le sol le saule et les buissons.
L'on ne vaincra jamais l’homme qui sut combattre,
Dès le commencement, contre l'adversité,
Mais un souffle, en passant, suffira pour abattre Celui qui n'a jamais lutté.
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