‹ Fables [microforme] (volume 3)Chapitre 46 sur 100 · LA LAMPE ET LE FLAMBEAU · texte numérisé non relu

LA LAMPE ET LE FLAMBEAU

La nuit sur la nature Avait jeté son voile noir ; Les étoiles, au ciel, se laissaient un peu voir À travers la sombre tenture, Mais c'était tout, et tout semblait Bien endormi dans les ténèbres.

—Je vais les dissiper, moi, ces ombres funèbres | — Dit une lampe qui tremblait Au vout de sa chaîne de cuivre,

A son compère le flambeau.

Et puis, se hâtant de poursuivre :

—On se croirait dans un tombeau, Dit-elle, à quatre pieds sous terre...

Dispensons nos bienfaits Aux mortels stupéfaits, Et de la nuit débrouillons le mystère !

A ces mots, elle perce un peu lobseurité :

— Vois done comme je brille avec sécurité, Et comme à chaque objet je redonne sa forme : Reprend-elle aussitôt,

Et le flambeau lui dit:

—Ton éclat est superbe et ma force est énorme : Tous deux, sans contredit, Nous suffisons pour éclairer le monde.

Vois comme de mes feux, à cette heure, j'inonde La nuit Qui fuit !

—Oui, nous faisons pâlir, en effet, les étoiles,

— Nous enlevons aux cieux, vois donc, leurs sombres voiles,

— Les rochers, les forêts, la verdure, les fleurs Sous nos rayons ardents reprennent leurs couleurs.

… Et l'oiseau nous salue et l’orient se dore !

— Et le monde s'éveille et le-ciel-se-colore !

D 0 0000000 00000 00000000 Dortasses

C'était le soleil levant !.….

Que l’homme vaniteux se trompe ainsi souvent !

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