‹ Fables [microforme] (volume 3)Chapitre 53 sur 100 · LA ROSE ET LE PAPILYON · texte numérisé non relu

LA ROSE ET LE PAPILYON

Une rose, Nouvellement éclose Au souffle du matin, Mollement se berçait dans un pré de satin, Parmi cent autres fleurs aux teintes les plus douces, Parmi je vert gazon et les légères mousses, Un papillon la vit et devint amoureux.

Ces charmants êtres-là—non pas que je les blâme— Dans une petite âme Renferinent de grands feux ; Mais ils sont inconstants comme nous pauvres hommes,

Et, par ma foi ! nous sommes Bien plus coupables qu'eux, Je l’avoue à ma honte.

Cessuns de commenter. Allons, ma muse, conte, En peu de mots si tu le veux, L'histoire tant redite De la rose et du papillon.

Que chacun la médite Et craigne de l'amour le cuisant aiguillon.

Mon papillon aima. C’est bien dans sa nature, La douce créature !..

Il partait, revenait, partait encor, La fleur Lui donnait chaque jour le parfum de son cœur Et la fraîche rosée Par l’aube déposée Dans son calice tout vermil.

Et lui, plein d’un amour pareil, De sor aile dorée à la fière corolle Faisait une vive auréole

Mais un jour, il ne revint pas ; Et la rose, tout alarmée,

Lons

Elle SOn !

Et n

Lui:

C'éta

D'un Il av

La fi:

Et lu:

Ne pouvant voler sur ses pas Pencha sa tête parfumée...

Longtemps elle attendit son amoureux divin, Longtem;s ce fut en vain.

. Or, un matin, dans l'herbe “endre, Elle vit se traîner un insecte chétif.

Son aile dévastée essayait de se tendre Et ne le pouvaitäplus. Il arriva plaintif Au pied de sa tige penchée.

Lui même il avait l'air d’une fleur desséchée. C'était le papillon ses dernières am

D'une lampe, le soir, il avait vu la flame, Il avait un instant écouté les discours :

C'était peut-être infâme.

Il se laissa griser ; La flamme le brûla dans son premier baiser.

La rose mourante l’accueille Avec bonté pourtant, Et lui fait un abri de sa dernière feuille, Parce qu'il était repentant.

La rose qui reste à sa tige, C’est l'amour qui remplit sa noble mission La lampe, c’est la passion Qui donne le vertige ; Le papillon, c'est nous, Nous pauvres fous Qui nous moquons de la constance Pour voltiger à l'abandon !

Heureux lorsque la repentance Nous ramène blessés et nous vaut le pardon !

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