‹ Fables [microforme] (volume 3)Chapitre 86 sur 100 · L’ABEILLE ET L'ENFANT GOURMAND · texte numérisé non relu

L’ABEILLE ET L'ENFANT GOURMAND

La gourmandise, d'ordinaire,

Est la passion de l’enfant,

Qui prête un charme imaginaire Au fruit qu’on lui défend.

A ce mal donnons le remède

En la convenable saison,

Mais il ne faut pas qu’on excède

Ce que demande la raison.

Un enfant renommé par sa gloutonnerie

Et ses mauvais desseins, Découvrit des essaims Cachés dans un tronc creux au bord de la prairie.

—Du miel! s’écria-t-il, et pour un bon repas ! L'eau m'en vient à la bouche !..

C’est à peine chez nous si l’on veut que j'en touche;

J'en goûte un peu parfois, mais je n’en mange pas.

Sur le trone, aussitôt, lestement il se juche Et porte sur Ja ruche Une indiscrète main, Mais une abeille sort et le pique soudain.

Au pauvre qui demande accordez une ébole :

Il est beau de s’apitoyer ; Mais contre l’effronté qui vole Défendez bien votre foyer.

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