FABLE LXXXV
L'Orme prodigue.
Ün orme avec orgueil agitait son feuillage Où les oiseaux venaient chanter ;
“Quand on est comme moi l’on peut bien se vanter De ne pas craindre le | illage, Disait-il, et lon est toujours beau, toujours vert.”.
Une brise passa qui lui prit une feuille, Mais il s’en moqua bien; il n’avait pas souffert ; Une en plus, une en moins que l’on perd ou recueille, Quand on est bien feuillu, que peut faire cela L Une autre brise s’envola Avec une autre feuille encore.
l'arbre riait toujours, disant :
“ Pourquoi sévir ; Non, ce n’est pas ainsi qu’on pou:ra me ravir Le beau voile qui me décore.”
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LB MP : De
Chaque souffle pourtant, le dépouillant un peu, I1 dut, de son erreur, un jour faire l’aveu.
Quelques vertus que l’on possède On les perdra bientôt si l’on n’en prend pas soin; La richesse fait place assez tôt au besoin
Quand en aveugle l’on procède
8 soin;