FABLE LXXXVI
Le Flûtiste et le Carcajou.
Dans la forêt, un jour, un poète flûtiste S’enfonça pour l:erboriser.
Il était dome de plus un peu naturaliste,
Me direz-vous ? C’est vrai. L’on voit s’harmonis Les beaux-arts avec la science ;
L’esprit qui voit un peu davantage veut voir;
Et plus l’homme est puissant, plus :: a conscience
D’un supréme pouvoir.
Done un flûtiste, un jour an flûtiste poète, Un peu naturaliste iuesi, je le répète, Cherchait dans les grands bois Des mousses, des fougères, Pendant : ue es oiseaux, de leurs joyeuses voix Egrenaient des notes légères.
Il tombe soudain dans un trou
Plein de feuilles, de branches mortes, Et d’ossements de toutes sortes.
C’était le lit d’un carcajou.
Le fauve s’élance et s’accroche, Suivant sa façon, Au rameau le plus proche, Pour se jeter de là sur le pauvre garçon.
Mais œiui-ci prenant sa flûte Fait vibrer la forêt de chants mélodieux.
La bête dans son cœur sent une étrange lutte. Puis le voile de sang qui recouvrait ses yeux Petit à petit se déchire ; Elle se trouble, elle soupire, Elle descend de l’arbre et s’en vient implorer Celui que tout à l’heure elle allait dévorer.
Les paroles de paix et la douceur de l’âme Ont désarmé plus d’ennemis Que la force brutale ou les discours de flamme N’en ont jamais soumis.