I.IVHF, ïHOISIFMi;. i
Quand s'ouvrent pour lui les tombeaux , Ta main qui sur son cœur se pose N'y trouve plus que des lambeaux. »
« D'où vient ton infernal génie?
Lui dit la Mort avec stupeur.
Pour ce prodige de douleur. Que fais-tu donc? — Je calomnie ! »
La Mort un instant réfléchit.
Puis à l'homme au sombre langage Décerna le prix sans partage :
Le poison n'eut que l'accessit.
J>e Fteuve et Mes Baitionm.
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D'un fleuve à l'imposante allure ,
Quelques haillons fangeux descendaient le courant,
190 LIVRE ÏROISIÈMK.
Et laissaient une trace impure Dans l'onde au cristal transparent.
Non loin de là, penché sur le rivage.
Un vieillard puisait Teau, tandis qu'un jeune enfant. De ces sales haillons contemplant le passage, Lui disait : «Que fais-tu? tu puises maintenant? — Pourquoi non, mon enfant? Dans sa course rapide. L'onde prend la souillure et la perd aussitôt.
Plus haut, plus bas, vois, le fleuve est limpide;
Le lange impur n'a souillé que le flot. »
Il est des insulteurs dont le délire étrange
Veut rabaisser l'histoire en la déshonorant :
Leur bras au fond du fleuve aime à chercher la fange ;
Vains calculs! vains efforts ! Le fleuve est toujours grand.
Mj'Éctair.
-cOo-
I/éclair brillait, et le ciel en émoi Faisait gronder sa voix altière...
« Comme tu cours 1 disait à Pierre Son vieil ami , le brave Éloi , Gai compagnon , tant soit peu téméraire , Quand il avait vidé son verre :
« Allons, allons ; arrête-toi !
As-tu donc si peur du tonnerre ?
— J'en conviens ; j'aime être chez moi Quand le temps est en désarroi , Quand le bon Dieu nous fait la guerre ; Et je vois là-bas ma chaumière!
Si j'étais là, près de la ménagère, Les petits auraient moins d'effroi; Puis ensemble on fait sa prière.
— N'importe ; on ne court pas ainsi ; Car, malgré son bruit effroyable ,
Va , le tonnerre est un bon diable :
Par l'éclair on est averti ;
C'est son courrier qui le devance;
LIVRI; ÎHOISIKMK li»3
Il nous donne toujours , je pense > Le temps de trouver un abri. »
11 parlait, quand la nue étincelle, s'embrase. Éclate et tonne au même instant.
Éloi veut fuir, mais du ciel rayonnant La foudre s'échappe et l'écrase»
Heureux le sage au cœur prudent l IJeureux celui qu'un guide silr éclaire l Pour l'insensé , pour le méchant ^ Trop souvent, hélas! la lumière ^ Ne vient qu'avec le châtiment !
FIN DC TROISIÈME LIVHr..
LITRE CUATRIÈl^E,
iLitTmiâ ^iAtmi^iii2<
J^a ÉPoésie.
i mon ami, le D' Emile Blaocbe.
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Ellé était jeune , elle était belle ;
Son front, même au milieu des pleurs.
Empreint d'une grâce éternelle.
Brillait de lumière et de fleurs.
Sa voix faisait tomber les chaînes Qui pèsent sur les malheureux ; Elle endormait désirs et peines...
Où donc es-tu, fille des cieux?
Elle avait un chaste langage , Un doux sourire, un accent pur, Soit qu'elle chantât dans l'orage.
Ou pleurât sous un ciel d'azur.
Soutien de l'âme qui succombe , De ses chants le tribut pieux Consolait la vie ou la tombe...
Où donc es-tu , fille des cieux?