XX. — L'ALOUETTE ET LE POURCEAU
A M. f£UX PTAT.
C'était un jour d*avril ; aucun brouillard impur Ne voilait du printemps la robe virginale.
S'élevant dans les airs, son royaume d'azur.
L'alouette chantait sa chanson matinale.
Le porc, de son côté, Vers la fange tournait un regard hébété. L'oiseau disait : • Salut, bienfaisante nature ! Doux soleil, cieux profonds, renaissante verdure, Salut! * Le porc grognait ; « L'astre qu'on dit si beau,
Le ciel qu'on croit si vaste, N'est qu'un miroir étroit, n'est qu'un mourài^tflambeau.
Dieu, vertu, gloire, amour, ô' bizarre contraste ! Quand le croyant vous dresse un autel dans son cœur. Le sceptique vous nie avec un ris moqueur.
L'an pour juger, bien bas regarde vers la terre, Ht l'autre voit plus haut : c'est là tout le mystère.