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V. — LE LABOUREUR ET LES RONCES

D'un champ que dévoraient la ronce et le chardon.

Un laboureur, certain jour, fit l'emplette.

De tout germe mauvais pour faire place nette, Il saisit une fsiux, il allume un brandon, Il arme ses voisins, ses amis et sa femme.

Mais contre la croisade une ronce réclame Et dit :

« Vous avez tort, sans contredit.

De porter contre nous et le fer et la flamme : Ce champ fut de tout temps notre propriété Et par droit de conquête et par droit d'héritage. » Le campagnard répond : « La belle, en vérité,

Que m'importe ton bavardage!

Vous nuisez à mon labourage ; Plaignei-Yous tant que Vous voudrez, ' Mesdames, vous y passerez. »

O vous qui du bonheur étouffez la semence.

Préjugés, vieux abus, trop bien enracinés.

Dans le champ social le progrès, qui s'avance. Bientôt, j'en ai l'espoir, vous aura moissonnés.

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