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XIV. — LA DOUBLE IVRESSE

Un jour, Anacréon, déguisant sous les fleurs Et ses cheveux de neige et ses rides naissantes , Du plus joyeux festin savourait les douceurs. Dans sa coupe un essaim de Grecques ravivantes Répandait lentement un pétillant nectar.

Et bientôt de Theureux vieillard

Éclatait Tabondante verve, Et, la lyre et la voix entremêlant leurs sons, II charmait les échos de ses molles chansons. Plus loin, du jus bachique abreuvé sans réserve ,

Un esclave au corps chancelant,

A Toeil terne, au geste insolent.

Effrayait TAmour et les Grâces :

Seul, le Mépris suivait ses traces.

Le vin qui, pris à flots, peut rendre l'homme vil

Du sage embellit l'existence,

Et le poison le plus subtil Est salutaire et doux, versé par la prudence.

Tandis que les plaisirs, dont on est ménager. Nous font l'esprit plus libre et le corps plus léger. Les folles passions, comme une ardente lave, En dévorant les sens éteignent la raison.

Ab ! distinguons toujours Tivresse de Tesclaf e De l'ivresse d'Ânacréon !

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