XXVIII. — LE TORRENT
Des flancs d'une montagne une onde jaillissante. Torrent impétueux, cascade mugissante.
Creusait d'affreux sillons dans les champs désolés. Elle avait renversé mainte digue impuissante. Un jour, aux paysans vers la source assemblés Un voyageur disait : Pour cette onde sauvage
Qui tout entraîne et tout ravage.
Pratiquez dans le roc un oblique chemin.
Et par mille détouHs Vous la verrez, docile.
Suivre le cours lent et facile
Que lui tracera votive xhaln.
Et de ses rives odorantes Se répandra la vie en vos moissons riantes. A Le conseil était bon, et, dès le lendemain,
Pleins d'espérance et de courage»
Nos gens se mirent à l'ouvrage.
On fit un doux ruisseau d'un torrent destrubteul*, De l'ennemi d'hier on fit un bienfaiteur.
Qd-î ramour rem^ace la crainte !
Par la menace et la contrainte
Un mauvais naturel est en vain combattu.
Mais l'éducation fraternelle, prudente, De chaque passion adoucissant la pente, D'an vice originel peut faire une vertu.