I. — LA VERTU ET LA CONSCIENCE
Certain jour, la Vertu passait, Répandant sur chaque souffrance Le pain si doux de l'espérance.
A chaque coeur elle laissait Le souvenir d'une caresse.
Le divin baume d'un bienfait :
Tous avaient part à sa tendresse.
Or, quand les justes dans leurs chants Mêlaient leurs actions de grâces.
Les Vices ingrats et méchants En blasphémant suivaient ses traces.
Mais tant que ces démons jaloux, Lançant rôutrage et les cailloux.
Confondirent leurs cris de rage, Une voix lui cria : Courage !
Une main essuya le sang Qui baignait son corps fléchissant.
Jusqu'au sommet de son calvaire Elle entendit la même voix.
Et la main douce et tutélaire.
Porta la moitié de sa croix.
« Accepte ma reconnaissance, Dit en expirant la Vertu ; Mais, terrestre ou divine essence, Ange ou femme, qui donc es-tu?
— Je suis... je suis la Conscience. »