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LK CURE ET LE MOUT

Un mort s'en allait tristement

S'emparer de son dernier gîte;

Un curé s'en allait gaiement

Enterrer ce mort au plus vile.

Notre défunt était en carrosse porté,

Bien et dûment empaqueté.

Et vêtu d'une robe, hélas! ([u'on nomme bièru

Robe d'hiver, robe d'été,

1 Espression proverbiale , qui signifie former des projets ou des entreprises cliimériqnes. -. 'lîxpression burlesque, mise en usage par Rabelais pour désigner un homme saiia couségueuce.

178 FABLliS DE LA FOMAINK.

Que les morts ne dépouillent guèie..

Le pasteur était à côté , Et récitait, à l'ordinaire, Maintes dévotes oraisons , Et des psaumes et des leçons Et des versets et des répons :

Monsieur le mort, laissez-nous faire, On vous en donnera de toutes les laçons ;

Il ne s'agit que du salaire.

Messire Jean Chouart' couvait des yeux son morî» Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor ; Et des regards semblait lui dire :

Monsieur le mort, j'aurai de vous Tant en argent, et tant en cire.

Et tant en autres menus coûts.

Il tondait là-dessus l'achat d'une feuille! le Du meilleur vin des environs :

Certaine nièce assez propette - Et sa chambrière Paqucllc Devaient avoir des cotillons.

Sur cette agréable pensée Un heurt^ survient: adieu le chûi.

Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tète cassée : Le paroissien en plomb entraîne son pasteur ; Notre curé suit son seigneur; Toys deux s'en vont de compagnie.

Proprement toute notre vie Est le curé Chouart qui sur son mort compt.ui. Et la fable du Pot au lait.

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