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LES DEUX COQ

Deux coqs vivaient en paix : une poule survint ,

Et voilà la guerre aliumép.

Amour, tu perdis Troie! et c'est de loi que vint

Celte querelle envenimée Oii du sang des dieux même ' on vit le Xanlhe teint î Longtemps entre nos coqs le combat se maintinl; Le bruit s'en répandit partout le voisinage : La gent qui porte crête au spectacle accourut,

< . Le singulier pour le pl'iriel , licence pnétiqut.

!82 FABLES DE LAFOiNTAINE.

Plus d'uiic Hélène au beau plumage Fut le prix du vainqueur. Le vaincu disparut : Il alla se cacher au fond de sa retraite,

Pleura sa gloire et ses amours, Ses amours qu'un rival, tout fier de sa défaite, Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours Cet objet rallumer sa haine et son courage ; Il aiguisait sou bec, battait l'air et ses lianes.

Et, s'exer^ant contre les vents.

S'armait d'une jalouse rage.

Il n'en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits S'alla percher, et chanter sa victoire.

Un vautour entendit sa voix :

Adieu les amours et la gloire !

Tout cet orgueil périt sous l'ongle du vautour.

Enfin, par un fatal retour,

Son rival autour de la poule

S'en revint faire le coquet.

Je laisse à penser quel caquet ;

Car il eut des femmes en foule.

La Fortune se plaît à faire de ces coups : Tout vainqueur insolent à sa perte tnivaillr. Défions-nous du Sort, et prenons garde à nous Après le gain d'une bataille.

l'ingratitude et l'injustice des UOMMES envers la FOBTrWE.

L'n trafiquant sur mer, par bonheur, s'enrichiL Il triompiia des vents pendant plus d'un voyage : Gouffre, banc, ni rocher, n'exigea de péage D'aucun de ses ballots ; le Sort l'en affranchit. Sur tous ses compagnons Atropos et Neptune Recueillirent leurs droits, tandis que la Fortune

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