Le duc de Bourgogne
Que mon héros, dans peu de temps, Me fera prendre la Irompelle.
Je ne suis pas un grand prophète :
Cependant je Hs dans les cieux, Que hientôt ses faits glorieux Demanderont pUisienrs Homères; Et ce temps-ci n'en produit guères.
Laissant à part tous ces mystères, Essayons de conter la fable avec succès.
Le renard dit au loup : Notre cher, pour tout mets- J'ai souvent un vieux coq , ou de maigres poulets :
C'est une viande qui me lasse.
Tu fais meilleure chère avec moins de hasard : J'approche des maisons; tu te tiens à l'écart. Apprends-moi ton métier, camarade, de grâce;
Rends-moi le premier de ma race Qui fournisse son croc de quelque mouton gras : Tu ne me mettras point au nombre des ingrats. Je le veux, dit le loup : il m'est mort un mien frère; Allons prendre sa peau, tu t'en revêtiras. Il vint; et le loup dit : Voici comme il faut faire, Si tu veux écarter les matins du troupeau.
Le renard , ayant mis la peau , Répétait les leçons que lui donnait son maître. D'abord il s'y prit mal, puis un peu mieux, puis bien;
Puis entin il n'y manqua rien.
A peine il fut instruit autant qu'il pouvait l'être. Qu'un troupeau s'approcha. Le nouveau loup y court, Et répand la terreur dans les lieux d'alentour.
Tel, vêtu des armes d'Achille, Patrocle mit l'alarme au camp et dans la ville : 3Ières, brus, et vieillards, au temple couraient tous. L'ost' du peuple bêlant crut voir cinquante loups :