‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 183 sur 318 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

Et, bien qu'on soit, à ce qu'il semble,

Beaucoup mieux seul qu'avec des sots.

Comme l'ours en un jour ne disait pas deux

mots.

L'homme pouvait sans bruit vaquer à son ouvrage. L"ours allait à la chasse, apportait du gibier;

Faisait son principal métier D'être bon émoucheur; écartait du visage De son ami dormant ce parasite ailé

Que nous avons mouche appelé.

Un jour que le vieillard dormait d'un profond

somme.

Sur le bout de son nez une allant se placer Mit l'ours au désespoir; il eut beau la chasser. Je t'attraperai bien, dit-il; et voici comme. Aussitôt fait que dit: le fidèle émoucheur Vous empoigne un pavé, le lance avec raideur, Casse la tête à l'homme en écrasant la mouche; Et, non moins bon archer que mauvais raisonneur Raide mort étendu sur la place il le couche.

Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami. Mieux vaudrait un sa^^e ennemi.

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