‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 203 sur 318 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

Hé! qu'importe quel animal?

Dit l'un de ces mâtins, voilà toujours curée. Le point est de l'avoir: car le trajet est grand; Et de plus il nous faut nager contre le vent. Buvons toute cette eau ; notre gorge altérée En viendra bien à bout: ce corps demeurera

Bientôt à sec ; et ce sera

Provision pour la semaine.

Voilà mes chiens à boire: ils perdirent l'haleine.

Et puis la vie ; ils firent tant

Qu'on les vit crever à l'instant.

L'homme est ainsi bâti : quand un sujet l'enflamme. L'impossibilité disparaît à son âme.

Combien fait-il de vœux, combien perd-il de pas, S'outrant pour acquérir des biens ou de la gloire?

Si j 'arrondissais mes états !

Si je pouvais remplir mes coffres de ducats! Si j'apprenais l'hébreu, les sciences, l'histoire!

Tout cela, c'est la mer à boire :

Mais rien à l'homme ne suffit.

Pour fournir aux projets que forme un seul esprit. Il faudrait quatre corps; encor, loin d'y suffire. A mi-chemin je crois que tous dem.eureraient : Quatre Mathusalem bout à bout ne pourraient

Mettre à fin ce qu'un seul désire.

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