‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 302 sur 318 · LE PHILOSOPHE SCYTHE · texte numérisé non relu

LE PHILOSOPHE SCYTHE

Un philosophe austère, et né dans la Scythie, Se proposant de suivre une plus douce vie. Voyagea chez les Grecs, et vit en certains lieux Un sage, assez semblable au vieillard de Virgile, Homme égalant les rois, homme approchant des

dieux, Et, comme ces derniers, satisfait et tranquille. Son bonheur consistait aux beautés d'un jardin. Le Scythe l'y trouva qui, la serpe à la main. De ses arbres à fniit retranchait l'inutile, Ébranchait, émondait, ôtait ceci, cela.

Corrigeant partout la nature, Excessive à payer ses soins avec usure.

Le Scythe alors lui demanda Pourquoi cette ruine : était-il d'homme sage De mutiler ainsi ces pauvres habitants ? Quittez-moi votre serpe, instrument de dommage;

Laissez agir la fau.x du temps :

Ils iront assez tôt border le noir rivage. T'ôte le superflu, dit l'autre; et l'abattant.

Le reste en profite d'autant.

Le Scythe, retourné dans sa triste demeure.

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