‹ Fables. Préf. de Julees ClaretieChapitre 94 sur 318 · LE BUCHERON ET MERCURE · texte numérisé non relu

LE BUCHERON ET MERCURE

A. M. Le C. D. B.

Votre goût a servi de règle à mon ouvrage : J'ai tenté les moyens d'acquérir son suffrage. Vous voulez qu'on évite un soin trop curieux, Et des vains ornements l'effort ambitieux; Je le veux comme vous: cet effort ne peut plaire. Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire. Non qu'il faille bannir certains traits délicats: Vous les aimez, ces traits; et je ne les hais pas. Quant au principal but qu'Ésope se propose,

J'y tombe au moins mal que je puis.

Enfin, si dans ces vers je ne plais et n'instruis, Il ne tient pas à moi; c'est toujours quelque chose.

Comme la force est un point

Dont je ne me pique point.

Je tâche d'y tourner le vice en ridicule. Ne pouvant l'attaquer avec des bras d'Hercule. C'est là tout mon talent: je ne sais s'il suffit.

Tantôt je peins en un récit La sotte vanité jointe avecque l'envie.

Deux pivots sur qui roule aujourd'hui notre vie:

Tel est ce chétif animal Qui voulut en grosseur au bœuf se rendre égal. J'oppose quelquefois par une double image

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