FABLE XIV
LES SmGES ET LE CHACAL
Au pied d un haut palmier dont la tete superbe Agitait dans les airs ses éventails bruyans (3),
Un petit Singe était couché sur riierbe.
Au sommet du palmier, légers, imprévox^ans, Dans l’Oasis aérienne
Ses parcns se jouaient et prenaient leurs ébats. Un Chacal affamé rodait alors en bas.
Se moquer de ces fous et faire un bon repas ,
Pour lui quelle excellente aubaine !
Hé! bonnes gens, dit-il, ne folâtrez pas tant; Vous feriez mieux de soigner votre enfant.
Voyez quelle est votre imprudence!
Si le Loup vient, il vous le croquera.
Je vous le dis en conlidence :
Une autre fois ne le laissez pas là. »
— c Merei , voisin , lui répondit la mère ^ Votre conseil n’est pas à négliger,
Et je vois trop bien le danger;
Me voici, je descends. » — « Ce n est pas nécessaire. Repartit le Chacal ; pourquoi vous déranger ?
Je viens de vous donner un avis salutaire;
Il vous profitera pour vos autres enfans.
Celui-ci, c’est une autre affaire:
Il m’appartient et je le prends. »
Il l’emporte à ces mots. — Cette imprudente mère Ue poursuivit en vain de ses cris dechirans.
SENEGALAISES.