LK FLA AIMANT ET LA PINTADE
Un Flaniinant, de retour d’un long pèlerinage (3), Caressait, près d’un lac ombragé d’un grand bois, Les roses et les lis de son brillant plumage.
Il admirait ces lieux, témoins de son jeune âge;
Il les trouvait si beaux ! bien plus beaux qu’autrefois!
« Eh ! ne voyez-vous pas, ma chère.
Comme ici la nature entière S’embellit depuis quelque temps?»
Dit-il à la Pintade, animal sédentaire,
« Rien, répond celle-ci, n’est changé dans nos champs ; Je les trouve toujours les mêmes.
Mais, voisin, puisque lu les aimes,
Puisqu’ils te paraissent si beaux,
FABLES
Pourquoi courir le monde et braver mille maux ?
Reste avec nous , » dit la Pintade.
Le Flammant répliqua : rc J’ai peur des longs repos 5 Votre exemple en fait foi, ma chère camarade : On ne prise pas bien ce qu’on voit tous les jours.
A nos goûts comme à nos amours Un peu d’absence prête une vigueur nouvelle.
La patrie est encor plus belle Lorsqu on revient de l’étranirer.
L)e la fatigue et du danger Le plaisir du retour à lui seul dédommage;
Fut-il le seul plaisir que l’on eût en voyage,
Il faudrait voyager. »
SENEGALAISES.