‹ Fables sénégalaisesChapitre 38 sur 44 · FABLE XXXIV · texte numérisé non relu

FABLE XXXIV

; I l I.E FLAMMANT,/>/jœ«ico/j<er;«, Linn. Cet oiseau marque, en quelque sorte, le passage entre les échassiers et les palmipèdes, suivant la classification de M. Cuvier. Ses jambes sont d’une hauteur excessive; les trois doigts de devant sont palmés jusqu’au bout, celui de derrière est très-court. A l’extrémité d’un cou grêle, très-alongé, se trouve une petite tête avec un bec rose, dont la mandibule supérieure, voûtée à sa base, se fléchit presque a angle droit vers le milieu, sapplatit, se rétrécit et s’incline encore ù sa pointe sur la mandibule inférieure. Ce qui rend surtout cet oiseau remarquable, c’est que, comme l’indique son nom tiré du grec, ses ailes et , par la suite, plusieurs autres parties de son plumage, prennent, sur un fond blanc, une teinte d’un rouge de feu. De là vient aussi

son nom Ae. J/ambanl ,Jlamboja,U , et enfin

flaminant,

M. Geoffroy a cru devoir distinguer le flainmant du

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Sénégal comme une espèce particulière, qui serait un peu plus petite que l’espèce commune, et qu’il désigne sous le nom de phœnicopteras minor ^ en indiquant que les pennes alaires et le bec sont noirs. Peut-être serait-il a craindre que l’observation n’eût été faite que » sur des sujets trop jeunes; tous les vieux flammans

que J ai vus vivans au Sénégal avaient le bec rouge ; , cette couleur disparaît quelquefois après la mort, et

devient brune. La différence signalée dans la division interne des mandibules supérieures, si elle était bien constatée, pourrait fournir un caractère plus certain.

Le flammant se trouve dans les marais, aux bords des étangs et des rivières. Il se nourrit d’insectes , de petits coquillages et de frai de poissons.

(2) La Pint ADE , nuinida meleagi'is , Linn. , est trop connue, elle est trop commune en Europe, pour que j’en doive faire ici la description. Cet oiseau se trouve par grandes bandes au Sénégal, et dans toute cette partie de l’Afrique; les naturalistes prétendent que les pintades semblent destinées à des lieux aquatiques et marécageux; cependant j’en ai rencontré dans des sables secs et très-éloignés de l’eau. On a dit aussi qu’à l’état sauvage leur chair acquiert une saveur exquise et devient préférable à celle du faisan ; j’ai toujours trouvé cette viande sèche, de peu de suc et de goût. Les pintadeaux seuls sont mangeables.

S EN EGALA J SES.

II est remanjiiable que, clans leur pays, Ic's pintades se reproduisent rarement en domesticité^

Une espèce très-peu connue, qui se trouve vers le haut Se'ne'gal, est la pintade entièrement blanche, sur laquelle on distingue, dans une autre nuance de blancheur, tous les dessins du plumage de la pintade ordinaire. J’en al possédé une paire qui a produit des petits également blancs, sans la moindre tache. D’une blancheur éclatante, ne souffrant pas sur eux la moindre souillure, avec leurs pattes orangées, leurs casques dorés, et leurs membranes éclatantes qui tombent de chaque côté de l’ouverture du bec, ces jolis animaux, s ils parviennent à s’acclimater en France, où je les ai introduits, seront une charmante conquête pour nos ménageries et nos basses-cours.

(3) Un Flainmant , de retour d’un long pèlerinage.

Le flammant est un oiseau voyageur; il n’est que de passage sur les côtes méridionales de l’Europe. On le rencontre dans tous les climats chauds et tompéiés des deux conlinens.

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