‹ Fables sénégalaisesChapitre 2 sur 37 · U ^4 PL» Foutaise* Ams «■ miiMe · texte numérisé non relu

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a'vûir la prétention de les échirer et de les rendre meilleurs. Aussi, comme je lai dît plus haut, on ne voit dans leurs fables aucune moralité déduite du sujet. J'ai cru de-* voir y suppléer pour notre usage. Toute la partie morale qu on trouvera dans ce recueil a donc été ajoutée par moi.

Cependant, lorsque jai trouré que les compositions originales se terminaient eu forme de réflexion , ou de résultat quelconque du récit, je n'ai rien changé, afin de mieux £adre connaître l'esprit et l'intentiou des nègres. C'est ce qu'on obserrera principalement dans la fable 8j le Loup qui veut faire Ta^ iasiîj et dans la fable 6, le Loup et la Gazelle. Cette dernière fable, par exemple, dans laquelle un loup est joué par une gazelle, se termine ainsi :

Le Loup, depuis cette querelle.

Guette y surprend et croque la Gazelle.

Philosophiquement, ou moralement, cette conclusion bizarre ne signiBe rien ; on pourrait même dire qu'elle tend à justifier les actes de despotisme et de férocité qu'exerce la force contre la faiblesse. Pour y trouver un sens, il £aiut peut*étre se reporter au désir vague qu'ont les Africains , comme tous les hommes, en général, de rechercher, d'expliquer, dune manière quelconque, les causes et Torigine de ce qui est.

Cette curiosité des choses naturelles est remarquable chez les Sénégalais, quoiqu'elle soit sans méthode et sans direction. Elle n'a rien de contraire à leurs habitudes un peu apathiques , parce qu'elle se nourrit de l'esprit de contemplation. C'est cette disposition qui les rend aussi susceptibles qu'aucun autre peuple, du grand besoin de croire et de craindre 5 c'est elle qui leur fait adopter des

contes de revenans , de sorciers , d êtres surnaturels , et des terreurs plus ou moins ridicules. Sous ce rapport^ en e£fet, comme sojas tant d'autres, i ai trouvé les noirs tout-à-fait dignes d'être blancs.

Mais si, de ce côté, leur curiosité devient pour eux une source d'erreurs , elle les sert mieux dans l'étude- des êtres positifs cpii les environnent. Bs connaissent généralement bien le mode de végétation et les propriétés des plantes. Ils possèdent aussi, sur les habitudes, des diverses espèces d'êtres vivans répandus dans cette contrée , des notions vraies et souvent délicates, que peut seul pro-^ duire un examen attentif de la nature. On ;ie trouvera pas sans étonnement, dans, leurs, £y[>le$., des détails frappans de vérité et les peintures les. plus exactes des mœurs des animaux. L^ fable i^^ , le Singe et la Lapin ^

offre surtout, dans ce genre, un exemple de leur esprit d'c^enratîon.

J'ai tâché de conserver, autant que possible, ces traits caractéristiques, ces imitations de la nature que j*ai remarqués dans les récits des nègres ; j'ai ménagé aussi tout ce qui reproduit le genre de civilisation , les usiages d'un pays si intéressant, mais si peu connu, si différent du nôtre au moral comme au physique. Cependant, sous ce rapport, la difficulté d'expliquer en vers, et dans des cadres très^resserrés, des choses nouvelles, m'a souvent restreint et gêné* Cédant an besoin d'entrer dans les détails convenables, sans ralentir la marche du rédt, sans laisser perdre aux fables africaines leur caractère propre , quelque répugnance que j'en aie éprouvée d'abord , il a bien fallu avoir recours à des notes : j'ai même fini par y prendre

, oomme à un moyen indirect de faire maître une contrée vraiment curieuse, jusa présent très-mal jugée ^ et qui u attend >ur prospérer que les faveurs de Topinion clique. Ces notes seront reportées , avec numéros de renvoi, à la fin de chaque &ble, ce qui distraira moins Tattention, que si dles étaient placées au bas des pages.

H eût été désirable que la manière de conter des Sénégalais et leur style, si Ion doit leur appliquer ce mot , eussent pu se traduire avec une parfaite exactitude j je n'ai rien nél^é pour me tenir constamment très-près de loriginal; cependant il ne faut pas attendre à cet égard une imitation servile, surtout si Ion réfléchit qu'il s'agit d'une langue sans littérature , de récits faits de vive voix et non fixés par écrit.

24 PRÉFACÉ.

Quelques personnes penseront peut-être que la prose aurait été plus favorable que des vers pour donner une juste idée du texte ouolof ; mais il ne faut pas perdre de Tue que le texte, le style, est ce qu'il y a de moins intéressant dans les faibles africaines. Tai dû m'attacher, surtout à reproduire l'es* prit du sujet, le mouvement général de Tac»

tion , les intentions amusantes et les peintures locales ; j'ai dû resserrer ce qui nous aurait paru trop étendu, souvent retrancher, quelquefois ajouter, enfin imiter plutôt que traduire. D*un autre côté, la langue française semble avoir repoussé désormais les &bles , en prose ; la poésie s'est emparée exclusivement de ces sortes de compositions ; elle leur prête en effet un charme que rien ne peut remplacer. On doit observer, d'ailleurs.

PRÉPACîf. 25

que faire connaître la langue ouolofe , n'est pas l'objet de cette publication ; mes recherches sur cette langue sont consignées dans un autre travail.

Ce recueil pourrait se diviser en trois parties :

La première, incomparablement la plus nombreuse, ne contient que des fables traduites ou imitées de l'ouolof. Il n'en est pas une que je n'aie entendu raconter par des Sénégalais, et dont je naie conservé le caractère propre.

La seconde renferme des fables dont les sujets, les acteurs et les descriptions appartiennent aux contrées du Sénégal.

Les fables, en petit nombre, qui composent la troisième partie , n'ont dé droit au titre de Sénégalaises que parce qu'elles ont été composées pendant mes voyages au Sé-

ae PREFACE.

n^al ; il b'> paru que c'^ étah assez pour les bint admettre à côté des antres, an moins «•o n twig HKQTS d'adt^tîoD.

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