‹ Fabliaux ou contesChapitre 8 sur 29 · fj · texte numérisé non relu

fj

194 LAI DE LANYAL.

core aujourd'hui dans Paris, à la porte de plusieurs maisons, des pierres en gradins qui servoient aux magistrats à monter sur leurs mules, quand ils alloient au palais, et à Londres , à la porte de plusieurs grandes maisons, des élévations en pierres pour aider les dames à monter dans leurs voitures.

Pour rendre les perrons plus commodes par leur ombrage , on y plantoit un arbre , ordinairement un orme ; et dans plusieurs coutumes, cet orme faisoit partie de la portion des fiefs réservés par préciput à l'aîné.

Les perrons des châteaux étoient plus ornés et avoient encore d'autres usages. C'étoit là que les officiers du seigneur ou que le seigneur lui-même venoit rendre la justice à ses vassaux. Joinville fut souvent employé par saint Louis à ce ministère, et c'est ce qu'il nomme \es plaids de la porte. Dans le fabliau du Sacristain , on verra un prévôt juger assis sur son perron. Les huissiers y faisoient leurs proclamations au nom du seigneur.

Dans les anciennes chartes, il est souvent fait mention de jugements rendus sous les arbres. En ii65, un vicomte de Béziers fit publier à Carcassonne , étant sous l'ormeau , vme ordonnance en faveur des habitants de cette ville. Souvent les seigneui's , dans leurs promenades , s'asseyant à l'ombre d'un arbre, y jugeoient les procès de leurs vassaux. C'est ce que faisoit saint Louis au bois de Vincennes; car, comme le remarque Joinville, il n'alloit là que pour s'eshattrc.

TAI DE GRUÉLAN. 19^

LAI DE GRUELAN,

Page 1