‹ Fabliaux ou contes, fables et romans du 12e et du 13e siècle, traduits ou extraitsChapitre 14 sur 51 · DE L'EVEQUE QUI BÉNIT SA MAITRESSE · texte numérisé non relu

DE L'EVEQUE QUI BÉNIT SA MAITRESSE

Ce fabliau paroîl être une satire du désordre dans lequel vivoient les ecclésiastiques, et des pénitences illusoires que leur imposoient des évoques ,qui souvent n'étoient pas plus réguliers qu'eux.

Puisque vous aimez les histoires, je vais vous en dire une qui est toute récente, et qui m'a bien fait rire; puisse-t-elle vous amuser autant que moiî

En France , dans une ville dont je ne vous dirai pas le nom, vivoit un évéque qui passoit pour n'être pas l'ennemi des dames, et qui volontiers s'en accommodoit, pourvu surtout qu'elles fussent jolies. En trouvoit-il une à son gré, pucelle ou non, il clierchoit à l'accointer, et rarement il se retiroit sans avoir réussi. Au reste , il avoit pour leur plaire une recette sûre , c'étoit de donner beaucoup; car tel est le secret, toutes aiment à recevoir, puisqu'il faut vous le dire; et quiconque n'est ni riche ni libéral doit s'attendre à peu gagner près d'elles.

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