‹ Fabliaux ou contes, fables et romans du 12e et du 13e siècle, traduits ou extraitsChapitre 6 sur 51 · PAR COURTE-BARBE · texte numérisé non relu

PAR COURTE-BARBE

FAUCHET EN A DONNÉ l'eXTRAIT.

Les fabliaux amusent, on les écoute avec plaisir, et pendant ce temps on oublie ses maux et ses chagrins. J'ose me flatter de cet avantage pour celui de Courte-Barbe, et j'espère, messieurs, qu'il méritera que vous le reteniez.

Trois aveugles alloient de Compiègne quêter dans le voisinage. Ils suivoient le chemin de Senlis, et marchoient à grands pas, chacun une tasse et un bâton à la main. Un jeune ecclésiastique fort bien monté, qui se rendoit à Compiègne suivi d'un écuyer à cheval, et qui venoit de Paris ou jl avoit appris autant de mal que de bien , fut frappé de loin de leur pas ferme et allongé. « Ces drôles-là, se dit-il à lui-même, pour des « gens qui ne voient goutte, ont une marche « bien assurée. Je veux savoir s'ils trompent, et « les attraper. »

En effet, dès qu'il fut arrivé près d'eux, et

Page 1