L ECHAFAUD
Lorsque le bourreau, Charles-Henry Sanson, arriva, dans la matinée du 5 avril, à la Conciergerie, un gendarme lui frappa sur l'épaule et lui dit en souriant : « Tu as du gros gibier aujourd'hui. » Un des guichetiers ajouta : «Ils sont tous condamnés (1). »
Ils ne devaient pas tous être condamnés et ils rie l'étaient pas encore ; mais on n'ignorait pas à la Conciergerie que le jury n'avait ni l'intention ni le droit d'épargner les Dantonistes. On pouvait d'avance annoncer la condamnation.
Le long de la grille qui séparait le greffe de l'avantgreffe, des canonnierset des gendarmes, le sabre au poing, formaient la haie.
Fabricius Paris était parti. Ducray, le second greffier, lisait à chaque condamné le jugement. On entendit, à travers la porte massive, Danton qui hurlait : « Ton jugement, je m'en f..., je ne veux pas l'écouter ; nous autres révolutionnaires, c'est la posté -
1,1) Mémoires pour servira l'histoire de la Révolution française, par Sanson... Paris, 1830, t. V ^rédigés par L'Héritier de l'Ain, qui était très renseigné sur les choses de la Révolution. Balzac a collaboré à cet ouvrage .
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rite qui nous juge, elle mettra mon nom au Panthéon et les vôtres aux gémonies. >>
Le bourreau et ses aides attendaient. Leur besogne allait commencer, puisque celle des juges était finie.
Chabot arriva le premier, vers deux heures. Bazire le suivit de près. « Mon pauvre ami, lui dit l'ex-capucin, les yeux pleins de larmes, c'est à cause de moi que tu vas mourir. » Sans lui adresser un mot de reproche, Bazire le serra sur son cœur.
Junius et Emmanuel Frey, Delaunay. d'Espagnac, Disdericksen, entrèrent en même temps, silencieux, consternés, puis successivement se présentèrent Philippeaux, Lacroix, Westermann et Fabre d'Eg'antine.
Fabre d'Eglantine était soutenu par deux guichetiers. Pendant qu'on coupait ses cheveux, il demanda à voir Fouquier-Tinville ou un de ses substituts pour une communication urgente. Sanson envoya au cabinet de l'accusateur public un de ses aides qui revint, au bout de quelques minutes, avec une réponse négative.
« Ce n'est pas assez, s'écria Fabre, en proie à une violente colère, de m'assassiner. il faut dépouiller celui qu'on égorge. »
Et il ajouta, en frappant du pied :
<i Je proteste publiquement contre l'infamie des scélérats du comité qui m'ont volé une comédie étrangère à mon procès et qui la retiennent 1). »
(1 C est alors probablement — et non pas, comme on l'a prétendu, sur la charrette qui les conduisait à l'échafaud — que Danton lui dit en riant : « Des vers, avant huit jours, tu en feras plus que tu ne voudras, et nous aussi. »
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Dantcn venait de paraître à son tour. Assis sur la chaise, tandis que le bourreau le préparait pour la rnort, il s'entretenait avec ses amis:
(( C'est le commencement de la fin, disait-il ; ils vont guillotiner maintenant les représentants par fournées, mais l'isolement n'est pas la force. Des comités conduits par un Gouthon sans jambes et par un Robespierre sans ... ! Encore si je pouvais leur laisser les miennes, cela pourrait durer quelque temps... mais non. . . et la France s'éveillera dans un gâchis de sang et de m... ^
Il se leva, et haussant les épaules, comme si tout désormais lui était indifférent, il murmura : « Nous avons accompli notre tâche, allons dormir. »
Camille Desmoulins, qu'on avait amené avec Plérault deSécheiles, montrait moins de résignation. Il pensait à sa jeune femme, à son enfant, à ce bonheur si difficilement conquis et si vite perdu. Il ne voulait pas mourir. De toutes ses forces, de toute son âme, il se cramponnait à la vie.
Il s'était jeté sur les aides, et luttait, les vêtements décliirés, contre les gendarmes. Pour lui couper les cheveux, on dut l'immobiliser sur la chaise.
Danton, avec sa rudesse ordinaire, Fabre, plus sensible, plus accessible à la pitié, avec des paroles douces et des exhortations affectueuses, essayaient de le consoler, de l'encourager. Il ne les entendait pas. Il n'entendait que la détresse de son cœur. Il répétait, comme un enfant plein de douleur et d'épouvante, et qui appelle au secours : « Lucile ! à moi, Lucile ! »
La funèbre toilette était terminée. De la salle où ils se trouvaient réunis pour la dernière fois, les con-
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damnés pouvaient entendre le roulement des charrettes, le piaffement des chevaux impatients de partir, le cliquetis des sabres.
Dans la crainte d'un soulèvement du peuple, les comités avaient pris les plus minutieuses précautions. Amar s"était préoccupé de savoir si les chevaux étaient solides, aussi solides que les jurés. Il avait été convenu que les gendarmes les piqueraient avec la pointe de leurs sabres, pour accélérer l'allure et hâter le dénouement, s'il se produisait par hasard autour du sinistre cortège la moindre manifestation de sympathie ou de pitié.
Il y avait trois charrettes (1). Les condamnés y montèrent et le signal du départ fut donné. Des gendarmes, des canonniers, choisis avec soin, formaient l'escorte, une escorte aussi nombreuse que celle qui avait accompagné jusqu'au pied de l'échafaud Marie- Antoinette ou les Girondins.
Danton, qui était debout dans la première charrette, derrière l'exécuteur, affectait de ne pas regarder la foule hostile ou indifférente. Il causait avec Hérault deSéchelles, Lacroix et Fabre d'Eglantine, tandis que Chabot, assis, malade, ne cessait pas, pendant tout le trajet, de geindre et de vomir. Fabre se lamentait sur
(1) « Ils étaient sur trois charrettes : dans la première étaient Danton à côté de Lacroix; Fabre auprès de l'exécuteur; Hérault vis-à-vis Chabot; dans la seconde, Philippeaux, Westerraann, Camille Desmoulins, Bazire et Delaunay d'Angers. On ne remarquait dans la dernière que l'abbé d'Espagnac : ses compagnons les Frey, Disdericksen, etc., étaient presque tous étrangers et peu connus du public. » Journal de Perlet, numéro du 6 avril 1794. D'autres ne mentionnent que deux charrettes et donnent comme compagnons à Danton Hérault de Séchelles, Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins, Philippeaux et Chabot.
la disparilion de sa comédie et se répétait sans doute le mot de Néron : « Quel artiste le monde va perdre ! »
A peine avait-on fait quelques pas que Camille Desmoulins s'était mis à interpeller, à essayer d'émouvoir cette immense multitude qui regardait passer les victimes de Robespierre et de Saint-Just. Il criait, hors de lui, et faisait des efforts surhumains pour que sa voix pût être entendue le plus loin possible.
« Ne me reconnaissez-vous pas ? C'est moi qui ai provoqué la chute de la Bastille. Je suis Camille Desmoulins. Je suis le premier apôtre de la Liberté. Sa statue va être arrosée par le sani? d'un de ses enfants.
« A moi, peuple du 14 juillet, ne me laissez pas assassiner ! »
Un des aides s'approcha, menaça de l'attacher à un des montants de la charrette.
(( Tais-toi, lui dit Danton Espères-tu attendrir celte vile canaille? »
Et Lacroix, toujours grave, ajouta :
« Calme-toi, Camille; sonii^e à leur commander le respect plutôt qu'à exciter leur pitié. »
11 y avait sans doute dans cette foule des amis des Dantonistes, mais ils se taisaient. Aux époques de crise, lorsque régnent la violence et le crime, les honnêtes gens se taisent toujours. On les reconnaît à leur lâcheté.
Les comités avaient mobilisé leurs troupes. Les tape-dur et les furies se pressaient autour des charrettes. Ceux-là criaient, manifestaient, insultaient leurs idoles de la veille. La guillotine, à vrai dire, ne fonctionnait que pour ces bandits. La Révolution ne se les attachait que par ces tragiques exécutions.
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Ils étaient prêts à tout oser et à tout subir pourvu qu'on les saoulât, chaque jour, ou de vin ou de sang.
Je suppose que Danton, dans cette journée du 5 avril 1794, dut faire damères rétlexions, éprouver de tardifs remords, et comprendre ce qu'était cette plèbe qu'il avait servie et aimée.
Le cortège s'avançait lentement, au milieu des vociférations, dans une atmosphère de haine. Il s'engagea dans la rue Saint-Honoré. C'est là que le vit passer Arnault.
(f Je me rendais, raconte-t-il dans ses Souvenirs, chez Méhul, qui demeurait alors rue de la Monnaie, quand je rencontrai, dans la rue Saint-Honoré, la charrette dans laquelle ce héros révolutionnaire (Danton) présidait pour la dernière fois son parti frappé dans ses chefs. Il était calme, entre Camille Desrnoulins, qu'il écoutait, et Fabre d'Eglantine, qui n'écoutait personne. Camille parlait avec beaucoup de chaleur, et se démenait tellement que ses habits détachés laissaient voir à nu son col et ses épaules, que le fer allait séparer. Jamais la vie ne s'était manifestée en lui avec plus d'activité. Quant à Fabre, immobile sous le poids de son malheur, accablé par le sentiment du présent et peut-être aussi par le souvenir du passé, il n'existait déjà plus. Camille qui, en coopérant à la Révolution, avait cru coopérer à une bonne œuvre, jouissait encore de son illusion ; il se croyait sur le chemin du martyre. Faisant allusion à ses derniers écrits : « Mon crime est d'avoir versé des larmes », criait-il à la foule. Il était fier de sa condamnation. Honteux de la sienne, Fabre, qui avait été poussé dans les excès révolutionnaires par des intérêts moins
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généreux, était atterré par la conscience de la vérité : il ne voyait qu'un supplice au bout du chemin qui lui restait à parcourir (1). »
Les charrettes, dont le fouet des conducteurs, lassés de leur triste besogne, accélérait la marche, arrivèrent bientôt devant la maison du menuisier Duplav, vis-à-vis la rue Saint-Florentin. Portes, volets, tout était clos.
La maison semblait morte. Robespierre l'avait quittée pour aller se poster, afin de mieux voir l'exécution, à l'extrémité du jardin des Tuileries, au pont tournant ; mais Danton le croyait chez lui, tapi derrière une des fenêtres (2).
Sa figure se convulsa. Tout son corps frémit. Sa colère trouva de tels accents, rugit avec tant de violence, que les cris brusquement s'arrêtèrent et que devant cet homme, entouré de gendarmes, déjà marqué par le bourreau, la foule, un instant, reconnut son maître et trembla :
(Il Souvenirs d'un sexagénaire, t. II, p. 96.
(2) Ce même jour, comme si sa haine ne se trouvait pas satisfaite, Robespierre atlaquail encore Fabre d'Eglantine au club des Jacobins ;
H Fabre d'Eglantine, disait-il, jouait une comédie auiîrès des comités : le métier de cet habile fourbe était de faire de petites dénonciations contre de petits conspirateurs avec lesquels il s'entendait, mais qu'il dénonçait pour faire ignorer ses sentiments. Il trouvait ensuite par ses fourberies le moyen d'embrouiller les faits de manière que la dénonciation était nulle. Je suis fâché qu'un homme probe comme Dufourni ait été le second d'un pareil intrigant.
(( Le jour où je dénonçai ici Fabre dEglantine, où je traçai ici l'esquisse de son caractère odieux, Dufourni ne put s'empêcher de dire que j'avais été engagé par quelques intrigants à faire cette dénonciation ; cependant il était reconnu dès lors que Fabre d'Eglantine était un fripon. » Journal de Perîet, numéro du 9 avril.
« Robespierre, hurlait Danton, c'est en vain que tu te caches. Tu y viendras, et l'ombre de Danton rugira de joie dans son tombeau quand tu seras à cette place. »
Les yeux tournés vers la fenêtre où il croyait le voir, il le traitait de gueux, de coquin, de j. f.
« Vil tartufe » ! criait Fabre d'Eglantine, tandis que Lacroix murmurait :
(( Le lâche! Il se cache comme il se cachait au dix août! »
Dans la première partie du trajet, les condamnés avaient aperçu David qui, au-dessus d'un café, accoudé aune fenêtre, prenait un dessin du cortège.
Danton mesurait ses haines à la taille de ses adversaires. Il n'eut pour celui-là qu'un mot dédaigneux.
« Valet, lui dit-il, va apprendre à ton maître comment meurent les soldats de la liberté. »
Lacroix, moins indulgent, l'avait traité de scélérat.
Malgré le cri d'indignation, l'explosion de fureur que leur arracha la maison de celui qui les envoyait à la mort, les condamnés, à mesure qu'approchait le dénouement, sentaient leur âme se remplir d'apaisement et de sérénité. Autour d'eux, la haine commençait à faiblir et la pitié de plus en plus dominait.
<( Barrère et Billaud, dit Mehée de la Touche (1), avaient eu la précaution de faire accompagner, précéder et suivre le cortège d'une gendarmerie nombreuse à pied et achevai, de bataillons decanonniers, de sfardes nationaux commandés sous les armes de-
(1. La Vérité toute entière sur les vrais auteurs de la Journée du 2 septembre 1792... Pai-is 1795), i^. 58.
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puis deux jours. Cette soldatesque muette, exécutrice aveugle de la volonté des tyrans supérieurs, paraissait moins obéir aux ordres du comité de Salut public que composer une garde d'honneur autour de Danton qui, lier comme le héros de la pompe, portant sa tête avec la dignité de l'innocence, avait l'air de commander ces machines passives et de les plaindre : c'était la mort triomphale de Germanicus. Un silence profond et lugubre, une tristesse morne et sombre régnait parmi le peuple, stupide. étonné de voir traiter en conspirateurs ses meilleurs amis. Les yeux fixés en terre, chacun craignait de les lever à côté de son voisin. Des regards mêlés de larmes s'adressaient aux victimes, comme à la dérobée, pou ries consoler... Ceux-là. sont coupables qui tremblent, avait dit le tyran trois jours auparavant. Il fallait soutï'rir et composer son visage. On était pénétré d'un sentiment douloureux et pénible qu'on craignait d'exprimer et qu'on ne craignait pas moins de paraître retenir. La terreur et la force, sous le nom de loi, comprimaient l'élan des regrets qui échappaient malgré la violence. Chacun méprisait la vie, personne n'osa affronter la mort. On pleurait en rentrant chez soi, comme d'une affection privée, tant la douleur était sincère. »
Au tournant de la rue Saint-Honoré, les condamnés aperçurent l'échafaud. Les yeux de Danton se mouillèrent de larmes. 11 eut honte de sa douleur et, se tournant vers Sanson qui le regardait et dont la pitié sans doute l'humiliait, il lui demanda, d'une voix que l'émotion et la colère faisaient trembler :
« N'as-tu pas une femelle, des petits ? »
Sanson répondit par un signe de tête.
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« Eh bien, inoi aussi, reprit Danton, et en pensant à eux je redeviens un homme. »
Sa voix s'attendrit, devint à peine perceptible, quand il ajouta, quelques instants après :
0 Ma femme bien-aimée, je ne te reverrai plus; mon enfant, je ne te verrai donc pas (1) î »
Mais il se ressaisit bientôt et, comme pour s'imposer à lui-même, par un terrible effort de volonté, la résignation et le courage : « Danton, murmura-t-il, point de faiblesse. »
Une tradition, qui n'est peut-être qu'une légende, veut que Fabre d'Eglantine, au moment de monter sur Téchafaud, ait jeté au hasard dans les groupes des spectateurs quelques manuscrits, en criant d'une voix émue :
(( Mes amis, sauvez ma gloire ! »
Il livrait sa vie, mais voulait garder sa réputation. L'idée de la mort l'occupait moins que celle de l'immortalité. A ses ennemis qui le tuaient, il opposait cet invincible désir — puéril mais sublime — de vivre éternellement dans la mémoire des hommes.
On a raconté que plusieurs de ces pièces, jetées ainsi, furent recueillies par des curieux et que l'une d'elles, l'Orange de Malle, Xomhdi sous la main de deux auteurs dramatiques, Etienne et Nanteuil, qui la refirent sous le titre de V Espoir défaveur (2).
(1)A l'époque où niourul Danton, sa femme était enceinte.
(2) V. ('atalogue de la Bibliothèque de Soleinne (rédigé par le bibliophile Jacob), t. II, p. 208. Le fait est très vraisemblable, mais on l'a agrémenté de détails erronés. La pièce que réclama jusqu'au dernier moment Fabre d'Eglantine était probablement VOrarKje de Malle, trouvée chez lui et déposée dans les bureaux du comité de Salut public. Comment Etienne en eut-il connaissance ? Nous l'igno-
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Disdericksen fut exécuté le premier. Après lui^, montèrent successivement sur l'échafaud, Delaunay, Bazire, les deux Frey^ Gusman, d'Espagnac, Chabot. .
Camille Desmoulins remplaça Chabot. Au moment où on l'approchait de la bascule, il remit à Sanson une mèche de ses cheveux en le priant d'aller la porter le lendemain à la mère de sa femme. Il versa encore quelques larmes en chargeant le bourreau de ce triste message ; mais sa douleur était épuisée et sa force de résistance vaincue. Il se laissa docilement conduire jusqu'au couperet et mourut en répétant pour la dernière fois le nom de Lucile.
Lorsque vint le tour de Fabre, il s'avança avec peine, et quelques témoins purent attribuer à la lâcheté ce qui n'était chez lui que Taccablement produit par la maladie (1). Il essayait de réagir, de ne pas donner à ses ennemis la joie de le voir trembler : « Sachons mourir », murmurait-il, et en effet, quoi qu'en aient dit des calomnies obstinées, il sut mourir.
Hérault de Séchelles et Danton montèrent en même temps sur la plate-forme. Elle était pleine de sang quand fut tombée la tête d'Hérault de Séchelles. Sanson, après avoir enlevé le cadavre, voulait nettoyer la lunette. Danton l'arrêta d'un geste et, gouailleur :
« Un peu plus, un peu moins de sang à ta machine,
rons. Il n'aimait guère à divulguer ses plagiats. h'Orangc de Malle a donné lieu à deux autres imitations : la Fille d'honneur (par Alexandre Duval\ et le Présent du Prince ou l'autre Fille d'honneur, comédie en trois actes, en prose, par Comberousse et d'Auhign^jouée à 1 Odéon le 1.") mai 1821'.
\ « Il meurt en lâche. » Mémoires de l'exécuteur des hautes auvres (par Lombard de Langres , j). ÎJ.')?.
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qu'importe? Fais ta besogne, et n'oublie pas surtout de montrer ma tête au peuple. Elle en vaut la peine ! »
« Les f... bêtes I avait-i! dit, au moment où les charrettes partaient de la Conciergerie, vous verrez qu'en nous voyant passer ils crieront : Vive la République ! »
En effet, ce cri les escorta de la Conciergerie à la place de la Révolution; mais il éclata avec plus de force lorsque le bourreau, saisissant la tête de Danlon, la promena autour de Téchafaud et la montra au peuple (1).
(1) Dans la nuit, les cadavres des Dantonistes furent ensevelis dans le nouveau cimetière des suppliciés, situé près de la barrière de Monceaux.