‹ Fabrication de l'amidonChapitre 2 sur 13 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Trempe- — L’emploi de la trempe, soit à l’eau tiède soit dans une solution chimique (acide sulfureux, bisulfite de soude, ou tout autre agent), pour ramollir, blanchir et épurer le maïs ou autres céréales, en vue d’en retirer la farine ou l’amidon, est connu; mais dans aucun cas on n’a retiré jusqu’ici tout le parti que comporte cette application.

En effet, on fait agir l’acide sulfureux, par exemple, toujours dans les mêmes cuves isolément et dans la même eau ; en sorte que vers la fin de l’opération, quand le grain se trouve plus épuré, l’eau de trempe est précisément tout-à- fait sale ; dans un tel milieu l’action de l’acide sulfureux s’amoindrit au fur et à mesure qu’elle devrait augmenter.

J’ai imaginé de faire une trempe méthodique, c’est-àdire de faire arriver l’eau ou la solution chimique dans la cuve la plus ancienne en traitement, et delà faire circuler méthodiquement d’une cuve à l’autre pour s’échapper après avoir traversé la cuve dont le chargement est le plus récent. On règle la circulation à l’aide de robinets.

Le nombre des cuves n’est pas limité ; il est évident que théoriquement plus il y en aura et plus méthodique sera le travail.

On comprend les avantages de ce système: plus les céréales sont déjà épurées et plus est pure l’eau de trempe qui les traverse, en sorte que dans la cuve la plus an-

ciennele grain se trouve dans un milieu qui a son maximum d’action.

Le grain étant bien nettoyé, et de préférence concassé très légèrement, est mis en cuves.

Si nous considérons, comme exemple, la fig. 1, nous supposerons que les cuves 1, 2, 3, 4, 5 et 6 sont en trempe, 1 étant la plus vieille, 7 est en chargement et 8 en vidange et en mouture.

Aussitôt que 7 est pleine à son tour, j’y fais arriver l’eau de trempe sortant de 6, laquelle allait à la cour, en la portant rapidement à une température de 60 à 65° pour bien faire gonfler le grain et le rendre facilement perméable. Cette température sera obtenue soit par une addition d’eau de condensation, soit par un calorisateur, mais il est important d’éviter que les grains atteignent une température de 70°. Je fais arriver en même temps la solution d’acide sulfureux aussi froide et aussi concentrée que possible dans 2 au lieu de 1 ; j’épuise cette dernière en coulant de l’eau pure par-dessus, et j’opère absolument comme pour dégraisser un filtre à noir en sucrerie. Le redoublement de circulation, dû à ce lavage de 1, permet précisément d’emplir 7 rapidement ; les cuves en trempe deviennent alors 2, 3, 4, 5, 6 et 7.

Comme je l’ai dit, la solution d’acide sulfureux, si ce dernier est l’agent chimique employé comme nous l’admettons, arrive très froide dans 2; on peut l’y maintenir dans 3, et même dans 4, et l’augmenter progressivement dans les dernières cuves. J’évite tontefois la température comprise entre 20 et 35° et je saute autant que possible de moins de 20° à plus de 35° d’une cuve à l’autre. L’élévation de la température n’est faite qu’en vue de gonfler, de ramollir, pour les rendre facilement pénétrables par l’agent chimique, les grains nouvellement mis en trempe, mais il faut ensuite refroidir le plus possible, ce qui permet d’avoir une solution d’acide sulfureux beaucoup plus concentrée.

Des thermomètres à liège, flottant dans chaque cuve, y indiquent la température exacte.

On remarque que dans 2, 3, etc., la concentration de l’acide sulfureux est forcément beaucoup plus grande que dans 7 et 6, et que, la capacité de V eau pour cet agent diminuant très rapidement avec l'augmentation de température, il se produit au sein des cuves pendant leur échauffement une sursaluralion de Veau, et par suite une production constante d’acide sulfureux à l’état gazeux au sein de la masse.

Pendant le lavage de 1, on peut, quand cela est possible, réchauffer rapidement la cuve, et alors, dans l’intérieur du grain, qui est imbibé d’une solution d’acide sulfureux relativement concentrée puisque l’eau de trempe précédente était très froide et avait son maximum de capacité, il sq produira une sursaturation et un rapide dégagement d’acide sulfureux gazeux de l’intérieur à l’extérieur des grains. On aura soin de vider la cuve et de la refroidir avec de l’eau froide avant de l’envoyer au moulin.

On peut aussi opérer la Trempe méthodique sous pression dane des cuves fermées, et la trempe sera d’autant plus rapide que la pression sera plus grande et l’agent chimique plus concentré. Malheureusement l’installation est plus coûteuse.

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