CHAPITRE VIII
Mise en pains. — Depuis longtemps l’application du vide à l’essorage de l’amidon est connu et a été employé; mais, malgré l’ingéniosité qu’on a mise à perfectionner les appareils, on n’est parvenu en général qu’à des résultats partiels. C’est qu’aussi la force du vide a une limite restreinte, et qu’en outre en pratique c’est une application peu avantageuse.
En effet, une pompe, prenant l’air atmosphérique extérieur à même et le refoulant à une pression de 1 atmosphère, par exemple, à travers une masse à essorer, aura un rendement pratique bien supérieur à celui que donnerait la même pompe, aspirant l’air à travers la même masse au lieu de le refouler, et devant maintenir sur cette masse une pression effective de 1 atmosphère :
Dans le premier cas, à chaque tour, la pompe refoulera et fera passer à travers la masse un volume d’air à la pression atmosphérique ; et, dans le second cas, elle aspirera bien un même volume, mais rarélié au vide correspondant, c’est-à-dire rienpourle vide complet, déterminant seul une même pression effective de 1 atmosphère sur la masse.
En sorte que pour maintenir une pression de 1 atmosphère agissant sur la matière qu’on veut essorer et dégorger par l’entraînement de l’air, les rapports des rendements utiles d’une même pompe du premier cas au
deuxième seraient indiqués par — .
C’est ce qui m’a fait rechercher et imaginer l’appareil à pression représenté par la fig. 7, qui a en outre l’avan*
(i) Laforce dépensée serait d’ailleurs la même dans les deux cas si la pompo était rotative ou à distribution mécanique.
tage de lier beaucoup mieux entre elles les granules d’amidon, grâce à la pression énergique qui s’exerce sur les surfaces du pain.
Dessiccateur â, pression. — Comme son nom l’indique, cet appareil peut sécher complètement à la rigueurl’amidon pris liquide. Il est composé d’une boîte en fonte B boulonnée sur le fond A , (fig. 7), et portant à sa partie supérieure deux mannetons excentrés z pour fixer le couvercle C ; un caoutchouc D assure la fermeture hermétique du couvercle avec la boîte. L’intérieur de la boîte est ainsi formé : (fig. 7)
a, chemise en caoutchouc très mince dont le cadre inférieur en dedans b est serré par le cadre en bronze c serré par des vis sur le fond ; un caoutchouc d sur lequel repose le fond filtrant mobile f recouvert d’une toile filtrante très serrée.
Le liquide et l’air refoulés s’échappent par x au-dessus d’une gouttière ; le fond porte un guide G pour latige T qui est fixée au fond filtrant par une goupille. Le centre du fond filtrant est formé en cône saillant de façon à favoriser le dégorgement du milieu du pain; enfin un tuyau en caoutchouc E, fixé à la gorge g du téton du couvercle, communique à l’aide d’un petit robinet à la conduite d’air sous pression. J’ai fixé comme on l’a vu la chemise en caoutchouc, dans le bas, par un cadre en dedans de façon à lui permettre d’obéir aussi bien en bas qu’en haut à la pression extérieure qui la fait adhérer fortement à l’amidon.
Fonctionnement. — Le couvercle étant enlevé et placé sur un repos disposé à portée, on remplit l’appareil de lait d’amidon concentré; on fixe le couvercle sur la boîte et on ouvre le robinet donnant accès à l’air comprimé. Une filtration rapide s’établit aussitôt à travers la masse qui se solidifie bientôt; la chemise de caoutchouc — déjà employée dans ce but dans les appareils à succion agissant par le vide — pressée énergiquement sur la surface du pain, le suit dans son retrait, et l’action continue aussi
longtemps qu’on le désire ; la pression se règle d’ellemême suivant la facilité de pénétration de l’amidon jusqu’à ce que ce dernier soit traversé par la quantité d’air régulièrement envoyée par la pompe.
Une petite soupape de sûreté peut être placée sur la conduite d’air sous pression.
Pour retirer le pain, on enlève le couvercle, on amène l’encoche i du levier coulissant L sous la tige T, et on pèse avec le pied sur le levier pour soulever le pain, le dégager et le retirer librement ensuite. L’appareil est aussitôt prêt à recommencer une autre opération et les pains peuvent être alors enveloppés immédiatement et portés à l’étuve.