‹ Fabrication des étoffes: Études sur les arts textiles à l'ExpositionChapitre 22 sur 49 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

MÉTIER JAGQUART A TISSER LES FAÇONI(ɧ.

§ i . — Considérations g;énérales.

Le mode de fonctionnement adopté pour les métiers Jacquart quf %urent à l'ËxpositipH dépend des conditions dans lesqiJielles chacun de ces ii)étiers est destiné à travailler. La ppmmande automatique est appliquée toutes les fois qu'il s'agit d'articles épurants dont le tissage n'ejiîge pas de soins spéciaux et permet de réunir dans le même atelier un grand nombre de métiers du même genr^. L^ travail h la main est préféré, Ipfsque rqijvrier doit produire d^s articles de luxe où Tintellig^nce et Thabileté de main ne sauraient être remplacées par la machine la plus parfaite, comme dans les tissus de Lyon, de Tarare, etp. L'industrie a si bien compris ces exigences que, tout en n'abandonnant pas le terrain conquis par l'automatisatîon et en ne négligeant abcune des circonstances favorables à spu développenienit, elle a reporté la somme de ses efforts vers 1^ sjinplific^tion et le perfectiouneii^ent des montages et des organes du métier. Le principe du Jacquart a été conservé, niais de qombreusç^ mpdiScatipus lui qnt donné une physionomie nouvelle. Le in^rite fUÊi^e de cette précieuse invention se démontre de plus en plus par l'immutabilité des éléments et Ip développpment continuel des applications.

La preuve la plus récente et la plus importante de cette variété de résultats, due à l'emploi de l'appareilJacquart, réside dans le dernier perfectionnement signalé sur les métiers à navettes multiples. Les boîtes à navettes, comme nous l'avons déjà vu, sont mues par des crochets spéciaux du mécanisme Jacquart. Il était, en effet, rationnel de généraliser le principe et d'en faire

MÉTIER JACQPABT A TISSER t^ FAÇONNÉS. I9i

agir les éléments coastitutifs sur les Qls de la trai^ie comme sur ceux de la chaîne. Pendant longtemps aussi, réteQdue des effets de tissage était limitée : le nombre considérable .des cartons exigés par la longueur de certains dessins constitqait une dér pense devsint laquelle le producteur était forc^ de reculer ; la largeur de ces mêmes dessins nécessitait une complicatiQ^ de crochets qui bornait encore le développement du tissage fa-r çonné; enfin, les modes d'entrelacement étaient d'qne uniformi^;é telje, qu'il fallait multiplier les éléments dans une proportion par trop onéreuse. Cette partie de Fart du tissage, qui constitue le montage, a progressé surtout eo France, au point de doMbler pt quadrupler h puissance du même métier, c*est-àr dire que, popr réaliser certaines étoffes facoqpées, oîi il eût fallu employer autrefois cinquante mille cartons et deux mille crochets, par exemple, le tissage actuel ne fait visage que de vingt-cinq mille et parfois douze mille cartons, ayec mille crochets seulement. Loin de réduire la puissance des effets, ces perfectionnements fournissent au tisserand les moyens d'ob-? tenir de nouveaux entrelacements, et d'imiter avec plus de vérité la taille douce, la broderie, la dentelle, ete.

Les procédés auxquels nous faisons allusion reposent surtout sur deux modifications de montage : 1° sur une disposition par-^ ticulière des aiguilles du Jacquart permettant de faire agir deux fois de suite le même carton sur deux séries différentes de croh chets et d'économiser ainsi KO pour 100 de carton ; 2"" sur la réunion deg flls de la chaîne avec les crochets chargés de les actionner, de façon à ce que le même crochet puisse à volonté et suivant les besoins agir sur un. fil isolé ou sur plusieurs à la fois. Prosper Meynier, dont la mort est un deuil pour l'industrie lyonnaise, a réalisé de nombreux progrès dans cette direptiou ; Raymond Rouze, 4Qfit les soieries ont été particulièrement remarquées dstns les vitrines lyonnaises, reste son digue continuateur. Le métier Jacquart exposé par Pet industriel

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produit les variations d'effets dout nous venons de parler. Un grand nombre de chercheurs se sont également proposé de réduire la dépense occasionnée par les cartons. L'Exposition a offert un ensemble assez complet des divers moyens proposés. Les uns consistent à rapprocher les aiguilles de la mécanique Jacquart et à en diminuer la section, afin d'en loger un plus grand nombre dans la même surface ; les autres, à remplacer dans le carton les trous ronds par des trous carrés ou en losange pour arriver au même résultat. Dans les différents systèmes, les constructeurs cherchent à donner plus de précision aux mouvements et à disposer la griffe ou moteur des crochets, de façon à éviter les changements trop brusques de direction et à faciliter le dégriffement sans fausser les crochets et les aiguilles. L'industrie a pu ainsi employer non-seulement des cartons plus étroits, mais de moindre épaisseur.

Du carton mince au papier, la transition était naturelle, et cependant la substitution du papier au carton a demandé plus d'un demi-siècle. Cette innovation exigeait la réunion de trois conditions indispensables : le papier ne devait être soumis qu'à des efforts insignifiants, il fallait neutraliser les influences atmosphériques et hygrométriques capables de faire varier les dimensions du papier et atteindre ce double résultat sans compliquer le métier et sans accroître le prix du matériel au delà d'une limite circonscrite. L'addition d'un appareil dans lequel les fonctions du papier se bornent à déterminer la déviation d'aiguilles très-légères, en communication directe avec les aiguilles de la mécanique Jacquart ordinaire, a résolu le problème suivant ces données, et a diminué, dans une proportion considérable, les frais de carton, sans augmenter sensibleî ment le prix du métier. Ce perfectionnement est surtout im-

portant pour les fabriques de châles et d'étoffes pour ameublement, car l'achat du carton s'élève plus ou moins dans certaines maisons : il atteint parfois un chiffre annuel de 80 000 francs.

De plus, les cartons sont toujours conservés en vue des changements de mode qui ramènent les mêmes dessins après un certain nombre d'années ; or, la garde de ces archives industrielles ^ige des locaux considérables, singulièrement réduits lorsqu'il ne s'agit que d'emmagasiner des rouleaux de papier.

§ t. •* Métiers à tisser les fsçonnés broehés.

Le métier Jacquart, malgré ses immenses avantages, cause forcément une perte de matière. Dans la fabrication des châles français, par exemple, les trois quarts environ des fils employés passent à l'envers sous forme de brides, et sont enlevés au découpage pour alléger le vêtement. Cette nécessité n'entraîne pas seulement un déchet considérable, elle diminue aussi la solidité du produit. Delà Tinfériorité de nos châles sur ceux de Tlnde, où le fil n'est employé qu'à l'endroit où il concourt à la formation du dessin. Les inventeurs ont cherché à imiter automatiquement le brochage et le spoulinage. Le brochage est appliqué sous diverses formes ; on sait que pour obtenir sur une étoffe unies damassée ou façonnée des fleurs ou des sujets distants les uns des autres, on ajoute au métier Jacquart un second battant muni de petites navettes convenablement espacées. Ce battant additionnel, imaginé par Prosper Meynier, est suspendu au-dessus du premier, descend dans l'angle formé par les fils de la chaîne, à certains moments déterminés par l'effet des crochets Jacquart À cet instant, l'ouvrier actionne les petites navettes au moyen d'une poignée unique, et chasse autant de petites duites qu'il y a de navettes. Lorsque ce battant, dit brocheur^ n'est plus nécessaire, la mécanique du métier le fait remonter automatiquement, et le battant ordinaire agit seul. L'Exposition présente deux perfectionnements dans cette direction : le premier consiste dans la substitution du moteur au

ALCAW. — Arts textiles, 13

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travail à la main pour faire mouvoir las nciveUas ^u bâtant brocheur ; le second offre une combinaison de l'action simultanée du battant lanceur et du battant brocheur, qui demaqda une courte explication. Dans les étoffes façonnées par le passage continue de. la trame lancée et Teffet intermittent des trames brochées, les fils de la chaîne^ qui servent à lier ces différentes duites, sont manœuvres alternativement, c'est-à-dire qu'après avoir soulevé sur toute la largeur dé l'étoffe ceux de la chaîne, sous lesquels doit passer la duite générale^ et les avoir ramenés dans la position primitive, les crochets de la Jacquart soulèvent ensuite certains fils, de place en plape, de la même chatne, pour former les angles, entre les côtés desquels passent les trames partielles du broché. Afin d'économiser le temps et d'augmenter la production, dans le perfectionnement en question, les mouvements du métier ont été combinés de feçon à réaliser simultanément les deux séries d'angles que traversent les deux sortes de navettes.

C'est surtout dans les améliorations de ce genre que l'industrie française excelle ; chaque jour voit surgir une application intéressante réalisée souvent par la classe la plus modeste de nos industriels. Nous allons indiquer un genre de modification qui se fait remarquer par certaines parties originales, qui sortent par conséquent des errements les plus connus dans cette voie.

Système Jacquart par MM. Laehaud et Roussel^ dit Jacquart à double effet, sam mardiure forcée, — Cette disposition donnant une idée nette des perfBctionnements auxquels nous venons de faire allusion, nous croyons utile de la donner comme exemple.

Le système a pour but de disposer les anciennes mécaniques Jacquart et d'en établir de nouvelles^ de façon à ce qu'elles puissent ouvrir deux marchures, c'est-à-dire produire deux angles de croiseipent au moyen de fils de chaîne ouvrant une marchure et une marchure au-dessous des fils au repos, éyitant ainsi les inconvénients de la marchure forcée.

MÉTIER JAÇQfJABr A TI^SEfl ^^ f^ÇONNÉS. (9S

1:4 cb^îi^ft m^ QHVflrte, k IW^ d'uq h^tapt 4içpQ8é d'une manière toute spéciale, pour cbfi^ser à la fqisi deux p$^\etta8 s l'qtip dî^ns la ifl^rchupe infériwra et l'autre d^ns pelle awpérieurç}, on |pr§ en m^me temps, s^vpc Je jep deg partons, le fond et le bwbé, pour les articles bpocliés et feçonqés, pu, à volonté, deu3f étoffe^ ^upçirppsées pu ^eui étoffes juxl^posé^a avec toutes )es vapisttipn^ de couleurs désirables.

PI. JfVII. Figurç 1. Une élévation de la m^pbipe vue du c0té du pyliqdre ^ partons ou de Is^ plancha à aiguilles.

Figure 2. Uu plan de cette machine, ou section borisontala au-dessus de la pl^ncbe h collets.

Figure 3. Une section verticale, dont la directiqn est indiquée au plan par la Ugue C D.

Figure 4. Une section verticale ou coupe dans le sens do la longueur de la macbipe, dans la direction indiquée au plan par la ligne A B.

Figure §. Uu fragiuefit de carton ou de plaques de métal, de bois ou de substance quelconque percé de trous de àeiix dion mèfre^ c(jffërent$.

Figure p. Une coupe sur ce cartpn pu plaque, etc., etc.

Figure 7. Un fragment dfi 8^4 W^S d'apjers h rebords au pourtour superppsées, percées de trous et ^'emboîtant exactem^eut, de façon fi ce que les trpus siupprieurs soient au-dessus des trpus inférieur^;.

Figure 8. Une coupe sur ces plaques doubles et sur les petits j§tpns ou pions métalliques destinés è^ rept^plir au besoin les trous des deux plaques.

Figure 9. Un fragipeut de plaquei^ dPubles semblables aux précédentes, mais avec un plus grand intervalle entre le dessus et le fond*

Figure iO. Une coupe ^ travers ces plaques et les petits cylindres ou papsules qui sont creux, mais bouchés d'un côté et destinés à remplir au besoin les trous des plaques superposées*

Figure i 1 .• Un fragment de coupe, dans la même direction que la figure 3, sur une échelle double.

Figure 12. Une coupe à travers une planchette de bois ou de matière quelconque percée sur chaque parement de trous de deux diamètres différents ayant un même axe, et produisant ainsi à Tintérieur de la planchette un épaulement destiné à arrêter les petits pions lisseurs A' ou Tembase de ceux B'qui pénètrent d'outre en outre ; ces différents pions sont maintenus à leur place au moyen d'une esp^e de couvercle en métal, embrassant intimement cinq côtés de la planchette, et fixé sur celle-ci avec des vis à tête plate et des pistons.

Dans la figure 12, A' mis en A repoussera Faiguille de S millimètres ; B' mis ei;i B la repoussera entièrement, et C, restant vide, ne la repoussera pçis.

Les modifications apportées, par ce système, aux anciennes machines Jacquart comprennent, en première ligne, Tintroduction de hautes lames D, en tôle ou métal quelconque, fixées perpendiculairement sur chacune des jumelles.

Elles sont reliées entre elles par des supports en métal, échancrés pour le passage des lames de la griffe, et fixés de chaque côté sur la planche à aiguilles Ë et celle à étuis N.

Ces lames dépassent le dessus de la planche à aiguilles d'environ 0"',08 ; leur tout réuni forme un ensemble désigné par leurs auteurs sous le nom de support intermédiaire fixe à hautes lames.

Les lames G de la griffe, qui ont une forme et une disposition toutes spéciales, doivent à un moment donné venir araser du dessus les lames du support intermédiaire.

On comprendra alors que la planche à collets F, qui, d'après le système, est rendue mobile à l'aide du- levier P ou du bricoteau comme dans les machines à rabat, et sur laquelle reposent tous les crochets, viendra remonter ces crochets, à un moment du travail de la mécanique. Toutes les têtes des cro-

chets /dépasseront d'environ i centimètre les lames arasées G et D, et pourront, avec le jeu des cartons, plaques ou planchettes, représentas aux figures 9, iO et 12, être entièrement repoussées au moyen de l'aiguille agissant sur le crochet, passer derrière les lames D et descendre avec la planche à collets. Elles pourront ne pas être repoussées du tout, et rester suspendues aux lames G de la griflfe B qui monte. Enfin, elles pourront être repoussées seulement de 5 millimètres environ, échapper alors les lames G de la griffe, et rester suspendues aux lames D du support intermédiaire.

Lorsque la griffe sera à son plus haut point d'ascension et que la planche à collets sera entièrement descendue, ces deux organes se seront chacun, par rapport à leur position première, élevés et abaissés de 7 centimètres environ, ou 14. centimètres à peu près pour la réunion des distances fournies par les deux mouvements.

Les crochets suspendus aux lames de la griffe ou ceux supportés par la planche h collets auront suivi les mouvements ascendant et descendant de ces deux organes, et leurs talons se trouveront ainsi distants de 14 centimètres environ. Alors les crochets suspendus aux lames du support intermédiaire auront leurs talons juste au milieu des lignes des talons des • crochets de la griffe et de ceux de la planche à collets.

Maintenant supposant les arcades, les lisses, les maillons et les fils de chaîne passant dans ces derniers, les angles ou marchures se formeront conformément aux mouvements qui viennent d'être indiqués (voir fig. 2 bis) ; la marchure supérieure au point de repos et celle inférieure seront ouvertes, les deux navettes pourront être chassées à la fois et produire le double effet annoncé.

Dans le métier exposé, on n'a pas introduit le système des cartons ou plaques représentés aux figures 5 et 6, parce que, à l'exception des diamètres différents des trous dont ils sont per-

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forés, ils rentrent plus dàtis lé domaine du travail habituel, et qu'ils ont ainsi moins besoin de démbiistràtion . bependanl leur intervention^ dont ripplicatiôil pébt bffïir lin cërtâiti intérêt et réaliser une éiconottriê, est iildiqiiéfe figure il *.

§ s. — Battant à boites moMles éeonomlqàeB.

Le battant à boîtes mobiles économiques lest encbrë une modification simplifiée du battant brocheur appliquée ptit M. Payen-Baudoin , de Saint-QUentin , au tissage dëS rideaux brochés. Le battant brbcheur, suspendu iBt manœUvuS par la Jacquart d'une façon analogue à celle que nous âtohs indiquée, est muni à chaque extrémité d'une boîtfe à navettes comme le battant ordinaire, afin Ijue la navfettfe, chasSée d'Uit côté de la pièce, ne la traverse pas pour revenir dfe la lisiëft opposée^ mais parcoure seulement la largeur des bordures à brocher et revienne sur elle-même^ grâce à uti taécâilisme qUl agit sur un taquet spécial. Les boîtes étant 8ymétril|UlôS , Ifeé deux navettes tissent simultanément les bordures oppôiséeâ^ puis le brocheur se relève pour laisser passer la dUitë de foiid et le inéme effet de brobhage se renouvelle. On évite ainèl les brides, leur découpage et le déchet qui eh résultait.

Ce battant à boîtes mobiles a pour but d'économiser Une partie des trames brochées qui, jusqu'à maintenant, se trou- ' valent perdues en plus ou moins grande quantité, selon leâ dessins.

La boîte mobile a^ à chaque boiit, pour Tes navettes, utie ouverture.

Le système fonctionne au-dessus de la chaîne au moyen des

* Pour ce qui concerne le principe et les détails du métier Jacquart> dont nous ne donnons que les modifications les plus récentes, voir V Essai sur les inâ^fies textiles et le Traiiè du ïràvaîl des laines, chez Bauclry^ libraire.

MÉTIER JAGQbAUT À TtSSBR LES FAÇONNÉS. 199

coUlléseô ^lii ëkistettt dans des triontantâ fixés àU u seyer » oU banc fixant le peigne par le haut.

Le itibiiVemefat d'âscfeilsiôti et dô descente de Ici Botte fest commandé pat la mécanique Jacquatt;

G'éSl toujours le taquet ihtérieur qui feraife la botte du côté opposé à l'entrée de la navette et qUi empêche celle-ci de pàs^ ser outre.

Lfes tàqîiets cirfeulent sut le « feeyér » et ils ont pour fonction de donner Timpulsion au taquet intérieur de la botte quand celle-ci est descendue; ils passent dans une entaille existant au taquet intérieur quand la botte est montée et qu'elle n'a t)aS besoih de fonfetionner.

Ce battant peut servir à toutes espèces de tissus brochés ; les dimensions et le nombre des bottes t>^uvent varier selon là largeur fet lé genre d'articles que l'on veut fabrique^.

La figure 1 de la planche XVIII représente la diSï^osition dû bàttàtit faiùrii de sa botté ;

Celle figuré est une élévation de battant, vue dé face^ dé la boîte mobîW économique ;

La figure 2 est un plan ou Vue de dessous la boîte tfaobile hittUtéë sUr lé c^ seyer » ;

La figure 8 est là vue en élévàtittri dû derrière de la bôtle ;

La figure 4 fest Une sëfetion de bette bbîté faite suivant la ligne AB ;

Ehfih la figUk'ë 8 montre le reissort fixé intérieurement à la boîte et qui, par sa pression, sert à retenir la navette;

Dans ces figures , les mêmes lettres désignent les mômes partîtes vues de différents côtés i

a^ dèvatit de là botté toobllé, laquelle fonctionne au-dessus de là chaîne;

6, taquet ihtérieur fcIrcUlant dans la botte au moyen de la chasse qui lui est donnée par les taquets voyageUrs;

c, taquets voyàjçeurè ; ils ne font knouVoir ledit laqutel b que

selon les besoins , c'est-à-dire lorsque la mécanique Jacquart a fait descendre la boîte ;

dy taquets fixés sur le « seyer j> et servant à maintenir les tiges h sur lesquelles circulent les taquets voyageurs c ;

e, barre en bois nommée en terme de métier « seyer » et fixant le peigne r par le haut ;

/, poignée servant à faire mouvoir le battant ;

g y crochets s'arrêtant sur la poignée /et limitant la descente de la boîte ;

ij tiges métalliques sur lesquelles fonctionne le taquet intérieur b ;

y, montants fixés au seyer e et dans lesquels existent des coulisses m servant à diriger la boîte mobile dans ses mouvements de descente et d'ascension ;

A, taquets fixés au devant de la boîte et servant de supports aux tiges i ;

/, planchette formant saillie h l'intérieur de la boite mobile économique; elle s'élargit à ses extrémités et sert à empêcher la navette de se retourner à son entrée dans la boîte ;

w, fond en cuivre de la boîte ;

0, partie recourbée du fond de la boîte et servant à garantir le peigne du choc de la pavette : à l'intérieur de cette partie recourbée o existe le ressort y>', qui sert par sa pression à retenir la navette dans la boîte ;

/?, partie é vidée du devant de la boîte servant à donner de la latitude à la trame pour bien se tendre;

Çy vis servant à régler la hauteur de la descente de la boîte;

r, levier servant, au moyen de la main y, des ficelles s et des tringles horizontales, r' à faire mouvoir les taquets voyageurs c ;

/, ficelles attachées à la boîte mobile, destinées à opérer les mouvements d'ascension et de descente de cette boîte : la commande est donnée par la Jacquart ;

w, petite poulie dirigeant et guidant la ficelle t ;

tu y bottes doubles connues fonctionnant en dehors de la chaîne ;

Xy châssis du battant ;

Zj ressoiit servant à imprimer un mouvement de recul aux taquets voyageurs c.

§ 4. — Héeanlsme broehenr pour Imiter le traTmil indien.

Lp problème compliqué du tissage automatique des façonnés, imitant le travail du crochetage à la main pratiqué par les Indiens pour réaliser leurs belles étoffes et, entre autres, leurs châles si recherchés, n'est pas encore complètement réalisé ; mais nos artistes européens font chaque jour un pas en avant dans cette direction. Déjà le problème si compliqué du spoulinage paraît résolu à l'égard des résultats et abstraction faite des conditions économiques qui sont l'objet de recherches incessantes.

Bien des constructeurs poursuivent, depuis trente ans, la solution de cette question.

Chacun d'eux a apporté sa pierre à l'édifice et parfois les industriels se sont réunis aux inventeurs pour atteindre au but ; nous ne les connaissons pas tous et nous ne nous rappelons pas les noms de tous ceux que nous avons vus à l'œuvre ; néanmoins , nous pouvons citer , comme de zélés coopérateurs, MM. Deinerous, Voisin, François Durand, Fabart, Souvraz, Chevron, Lecoq. Les deux derniers, encore sur la brèche, sont arrivés à des résultats fort intéressants, dont les conséquences ne seront sans doute pas stériles. Nous nous faisons, pour ce motif, un devoir d'indiquer les principes de leurs mécanismes.

Appareil de M. Chevron-Cléo. — L'invention consiste dans l'ensemble de divers appareils qui, joilits au métier àla Jacquart, ont pour but principal de donner un tissage avec l'imitation , à un certain degré, du point crocheté dans le cachemire des Indes.

202 LiVftk ii. Dû iiATÊftiÉt.

Le système de tissage mécanisé peut s'efFecttier h la main, . ou fonctionner à la vapeur, selon l'importance du travail qUe Ton fait, et, par son application, on peiit ttblétiii* toUs leé tissus brbchés à Une ijUaritité de coUlfeùrs indétéritiittéë, avec une trèsgrande économie de trame et de main-d'œilVrè: Le mécâhisitie consiste dans l'application de trois éléments principaux :

1° D'une nouvelle plongeuse ;

2** De la création entière a*un nouveau genre de peignes ;

S"" Et dans l'emploi de lamettes métalliques. • \ .

!*• La plongeuse se botnpbSie d'un ichâssiâ datià lêqUBl sont |ylaicées, les unèâ derrière les autres, des baiides mélâincjues qui Jidrtent les natëttes. Oés bandes sont isolées^ indépendantes et mi[Jbilfeâ, horiÈbiltalement et verticalement. Elles sont placées au-deèsufe du peigne, devant les navettes, et portées par des bi^s ou montants, qui peuvent pivoter sur leur axe;

La différence qui fextëte entre la plongeuse nouvelle et celles jusqu'alors employées consiste eh ee que les anciennes arment uh corps solidaire composé d'une quantité de bundes indéterminée, de façon que, s'il y a huit ou neuf couleurs d'employées, les huit bu neuf compartiments qui portent les iiavelteS ploUgeht ensemble dans tes bhatneS. Le système de M. ChevrttU se cbtiapbse-, &u contraire, de bandes mobiles isolément^ pôrtaht ichàcune une couleur diflérente; Ces bandes reçoivent toUties en tetnps voulu, et lorsque le besoin l'exige, Un mouvement ijuî fttlt que l'on n*introduît dans l'ouverture des fils de là châthe qu'une seule couleur à la fois ; de là nonseulement un âvintagë important par rapport à la grande facilité d'etéçutioti du travail, mais encore le moyen d'éviter la cause ftéquéut^ et presque inévitable de ruptilre des ffls de chaîne, comme cete arrivé souvent avec les systèmes ptbposés jusqu'ici.

2° Le peigné ftilsâiit jJartie du système a une disposition spéciale ; Il diffère dieS peignes employés en ce que la partie inférieure cies dents est eh métal et 1« supérieure eh fil, soie ou

UÈTim JAGOUÂRT i TlisSER LES ^AÇONNÉS. 203

coton. Ce.pei^ïie est mobile ; quand il ë6t baissé , la hauteur comprçnaiît^ës parties deâ brbchès métalliques dispatâît cbmtiléteméht détrière là partie inféHeure dii bàltaht ; il n'y a alors eu vue que la partie flexible qui S'ébâfte, ëh suivant Titoplilsiôii dbfailéë par léé laitiéttfes fcôintirëti^tit la troisième partie de l'appareil.

3" belle-ci consiste llàné uhè èériè de làmetté§ en métal, réunies entremettes à léuf^ fexti-éîilitiSfe supérietirës tJëlt titië baridê/'ybHibhtàlé aussi .en nlélàl. Elles isônt Wbbilèé sur la rivupè.qui les fixe; elles portent à leur base tlhfll à plotiib, fetiftIiiBtiohilëni ainsi qu'il siitt : .;

Dans les tissus montés à corps et à lisses, les dëiiî fils pairs él impairs lèven+ eti^emble. Le problBriië à résoudre bdrisiste à trouver utt Ihoyeh de les diviser d'une plbtigeusé eti ëntradt dans la chaîne pour qu'ils n'y fassent pas léui* paèèage au hâààrd, ce qui obcàsionnerâit un réëùllat tout à fait irtégulier et un mauvais sillon.

L'emploi de navettes et leur fottctionhëttieht au mbyen du mouvement vertical qUë lëdi* dôhrie là grosse niêbaniquë les font péhéttër ëHlrë îeà fllà dfe chaîne ëtittâtriès chacun jpar lèut fil â iJloiiit) ; bh fctme ainsi autant d'ItiterviUlës tju'il y a de navettes sur la largeur du tissu.

dii peut ëniployer aulàtit de lamettës qu'il y a dfe bbiiledrs,^ bti les fràctionnéi*, èUivailt le besoin, en ayant Ibutefoià Ib soîtt de faire en sorte qu'il y ait Ibujbiirs iîiife bande pour le levier pair et le levier impsllh Ces lamettës sbfat plaicées entre les lisses et le peigne, derrière la plongeuse.

La planché XIX (ïîg. 6 let 7) dbrine bëè diverses piartiës :

Peijgine. *

A, braâ montant dU battant ;

B, traverse du battant sur lequel est monté le peigne iavec ses accessoires ;

204 LIVRE II. pu MATÉRIEL.

G, peigne, partie métallique ;

D, peigne, partie supérieure en soie, fil ou coton ;

E, traverse mobile supérieure du peigne ; cette traverse est mobile perpendiculairement ;

F, galets qui tiennent à la traverse EE', et la font baisser, en passant sous les guides de la plongeuse ;

G, plaques en métal de la partie supérieure du peigne, où viennent s'adapter les fils du peigne ;

H, plaques mobiles placées au-dessous et devant la partie inférieure du peigne ;

I, I, I, guides navettes ou étriers de ces derniers engagés dans rintérieur de la chaîne ;

J, galets contre lesquels la pièce m vient se fixer, afin de maintenir constamment la relation entre la plaque H et les bandes des navettes K ;

K, K, montants qui portent la plongeuse à la partie supé-

rieure ;

L, corps de la plongeuse ;

M, bandes intérieures de la plongeuse ;

m, guides maintenant les bandes en face des étriers I, I ;

N, partie des bandes formant le crochet destinée à les faire plonger dans la chaîne ;

0, ressorts attachés à la partie supérieure de la plongeuse et à la partie inférieure des bandes, afin de les relever quand Faction des crochets P cesse d'avoir lieu ;

P, crochet fixé à une pédale, et qui fait plonger la plongeuse dans la chaîne ;

Q, guide de la plongeuse, servant à faire replier le peigne sur lui-même quand il est placé sous la plongeuse ;

R, partie supérieure de la plongeuse portant les entretoises qui divisent et maintiennent les bandes M à leurs positions respectives ;

R', bandes porte-navettes ;

S, partie de la plongeuse portant les entretoîses mobiles servant à faire changer les bandes des chemins U ;

U, chemin guide-bande placé sur le plan des entrétoises dans l'intérieur de la plongeuse ;

V, mouvement faisant aller de droite à gauche la partie supérieure des guides U, séparés en X ;

Y, transmission de mouvement des navettes quand les bandes m sont enfoncées dans la chaîne ;

\ , buttoir fixé sous la base transversale B du battant, et mis en contact par le recul du battant ;

2, tige horizontale portée par les montants K de la plongeuse, servant à limiter la course du battant sous la plongeuse et celles des crochets P, afin de les arrêter au-dessus de la bande N, qui doit plonger ;

3, coulisse pratiquée à l'intérieur des montants des crochets P, dans laquelle glisse un goujon fixé à la tige 2. C'est par ce goujon que les crochets sont entraînés jusqu'à la bande N, qui doit travailler ;

4, bande mince, faisant ressort, fixée aux bandes mobiles R, pour serrer d'une manière constante les tètes de navettes ;

5, corps de navettes ;

6, petit tube soudé à la partie supérieure des navettes, dans lequel est un ressort servant à faire le rappel des fils de trame,

7, bandes transversales sur lesquelles sont rivées d'une manière mobile les lamettes (fig. 7) ;

8, lamettes en métal ;

9, plomb servant à entraîner ces lamettes dans la chaîne.

Système spécial de déroulement.

Le mécanisme se compose d'un rochet placé à la poulie de déroulage. Cette poulie s'enroule d'une dent à la première

866 LIVRE II. pu |l4f$^IBt.

passée ; quoique tbUd wx 1^ cylindre, qv^m^ on arriva ^ la clernière série, elle se trouve enroulée d'un qufirt de tour. E|}e devient alors adhérente au cylindre et continue à s'enrouler naturellement pendant la seconde passée, 4 1^ ^ni le démoulage «'opère et le cylindre représente I^ première couleur, pomme dans la disposition adoptée dans le montage des ch^lps £^u qu£|rt,

La mouvement de ce roobet s'obtient par V^rmwe qvii lève un cliquet, quand il faut que la pQuUe s'enroule pendant U première passée pour l'abandonner h l4 deuxième.

Nous nous bornons à donner ici la partie ppncepï^ant 1?^ oomhinaison nouvelle du plongeur agisg^nt avec des navettes ordinaires et servant, pa^î conséquent, ppmme battant broçlteur. Pour en bien saisir le^ avantage^, il est péqgss^ire de se femiiliariser avec les principes relatifs à la fç^bripatjqn des façoupés en général et surtout avec les moyen» jippljq^és ^w% artiqles brochés.

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