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AnglcterrCf sur an« popnlallon de SO,CM10,000 d'hablfunfs.
Cotonnades.
Laina|;e8 . . .
Toileries...
Soieries....
Cotonnades.
Laitiages...
Toileries....
Soieries....
Cotonnades .
Lainages...
Toileries... Soieries. . . .
Cotonnades.
Lainages...
Toileries...
Soieries....
Cotonnades.
Lainages...
Toileries . . .
Soieries....
Cotonnades.
Lainages...
Toileries. . . .
Soieries*. . . .
France, population : 31,000,000 d'habitants.
Antrlehe, population s S&,000,000 d'habitants.
Prusse, pppnlatlon t ^,000,000 d'habitants.
Rnssie, population < 11,000,000 d'habitants.
Belgique, population t 4.040, S10 d*habltants«
par IndiTidn
pour tous les produits.
ni.
§ i i • ^ De la situatloa des iadutries textiles
aux Etats-Vais.
La fabrication des étoffes ne s'est appliquée jusqu'ici d'une manière sérieuse en Amérique qu'à deux des principales manères fondamentales : au coton et à la laine. Quoiqu'il y existe également des établissements transformant le lin et les déchets de soies, ils ne sont ni assez nombreux ni assez importants pour que les statisticiens les signalent au nombre des industries acquises au nouveau monde. Les manufactures de cotonnades et de lainages se sont au contraire développées avec cette rapidité et cette puissance dont ce pays exceptionnel, surtout sous le rapport de l'accroissement de la population, donne tant d'exemples. Dans une période de dix ans seulement, de 18S0 à 1860, l'industrie cotonnière s'est accrue en importance de près de 76 pour 100 et celle des lainages de plus de 50 pour 100. Les derniers documents publiés à Tocxîasion de l'Exposition de 1867 donnent comme valeur des produits fabriqués aux États-Unis d'Amérique en 1860 :
Cotonnades 595^000,000 fr.
Lainages 356,000,000
Total 951,000,000 fr.
Ces chiffres représentent à peu près un dixième de la production manufacturière totale des États-Unis, estimée annuellement à près de 10 milliards. Et si aux cotonnades et aux lainages on ajoute la valeur de 462 972 983 francs de chaussures et de 361 millions de francs de confections, on arrive à une somme d'environ 1 800 millions de produits concernant les arts vestimentaires en général. Les transformations des
AicAR. — Arts textiles* 23
arts textiles en Amérique peuvent être estimées comme représentant des à présent déjà un sixième d'un mouvement manufacturier où la fabrication des farines à elle seule représente un chiffre de 1,3B8 millions de francs; les cuirs, 372 240 000 francs; les machines à vapeur, 24^ 900 000 francs; rimprimerie, 217 140 000 francs, etc., etc.
La comparaison de ces chiffres démontre que les industries textiles tendent à prendre dans le nouveau monde une place relativement aussi considérable que dans Tancien. L'industrie du coton en Europe trouve là sa plus redoutable concurrente, et le pays manufacturier par excellence dans cette direction, le royaume de la Grande-Bretagne, est celui dont les débouchés se trouvent le plus sérieusement menacés^ Les lainages exécutés en Amérique sont surtout des articles drapés ; la fabrication des tissus ras forme l'exception. Quant à l'industrie du chanvre, du lin et du jute, que les documents statistiques ne mentionnent pas encore , rien ne paraît s'opposer à son développement aux Etats-Unis. Il serait peu étohnantque, d'un moment à l'autre , on vît surgir là des filatures de ces substances, où seraient introduits les derniers perfectionnements réalisés en Europe, et surtout les améliorations entrevues depuis quelque temps déjà et sur lesquelles nous avons insisté à plusieurs reprises, comme destinés, selon nous, à changer la face de cette grande branche manufacturière. Les progrès industriels se réalisent en général avec une rapidité si surprenante aux États-Unis, qu'on ne saurait faire entrer trop tôt en ligne de compte des prévisions qui paraîtraient prématurées de ce côté de l'Océan. L'industrie des soieries sera sans doute la dernière dont les Américains pourront embrasser les diverses ramifications. Les détails que comportent l'art du magnanier et surtout le dévidage des cocons pour en former de la soie, les soins minutieux et la main-d'œuvre que ces spécialités exigent, les rendent peu propres à être pratiquées aux États-Unis.
RENSEIGNKAfENTS STATISTIQUES. 3S5
Des motifs non moins sérieux s'opposeront pendant longtemps au développement de la production des étoffes riches, élégantes , du domaine des nouveautés en soie. Les soieries françaises en général, la rubannerie suisse, certains articles unis de l'Angleterre et de TAUemagne, nous paraissent, par conséquent, pouvoir compter encore sur un large débouché aux Étals -Unis, surtout à partir du moment où cette contrée sera rentrée dans une situation normale complète, et où elle sera revenue à Tancien tarif, à l'introduction des produits étrangers. Si, comme il est permis de l'espérer, la crise séricicole s'atténue d'ici là, l'industrie française surtout pourra reprendre un nouvel élan. Elle saura maintenir sa prépondérance dans cette direction mise de nouveau en évidence par l'Exposition dernière.
§ 1 1. ^Population onirrlère dans les arts textiles en Europe*
Le nombre d'ouvriers employés n'est pas toujours proportionnel au chiffre de la valeur des produits textiles exécutés.
Le Royaume-Uni de l'Angleterre occupe directement une population ouvrière des deux sexes de 1,459,500, répartie de la manière suivante :
Industrie cotonnière 451,000 personnes.
— de la toilerie 568,500 —
— des laines.. 238,000 —
— des soies 118,000 —
— des tissus mélangés. . . 84^000 —
Total 1 ,459,500 personnes.
Ce qui donne une moyenne de 393 ouvriers par million de francs de produits. On peut la fixer à 400 personnes des deux sexes pour avoir un rapport moyen plus exact. Cette répartition est, d'ailleurs, très-variable, en raison de la facilité
du travail, de la nature de la matière et du degré de progrès des transformations automatiques. Ainsi, dans l'industrie cotonnière, en Angleterre, un nombre de 451 000 travailleurs fournissant 2 milliards de produits, le rapport est, par conséquent, de 225 personnes pour 1 million de tissus. Dans la fabrication du chanvre, du lin et du jute, le personnel est de 757,5, presque le double de la moyenne de l'ensemble des spécialités, et plus du triple de celui des transformations du coton. Le travail de la laine, y compris les tissus mélangés, est de 222 âmes seulement par million de produits. Enfin, pour la soie et les soieries, il est de 250.
Les lainages et les cotonnades offrent, par conséquent, en apparence, une facilité à peu près égale, et un même degré de progrès dans les transformations. Si les soieries exigent un rapport un peu plus élevé, c'est que le tissage y est, en général, plus compliqué et moins complètement automatique.
Les calculs analogues concernant les autres contrées manufacturières donnent, à peu de chose près, des moyennes semblables pour le rapport entre le nombre d'ouvriers et le chiffre des produits.
Deux contrées présentent une différence considérable, ce sont la Russie et l'Italie. La première occupe près de 6 millions de personnes pour 1 158 millions, et la seconde près de 1 million, dont 300000 fileuses à 15 centimes, et 171 000 tisserands pour 401 millions de francs de produits^ C'est-à-dire que 5 671 ouvriers russes opérant à la main représentent à peine le travail de 400 dans les contrées oîi le travail est entièrement automatique. Sur ces 6 millions de personnes, la Russie compte comme nous l'avons vu, 3 millions de fileuses de lin, 500 000 tisserands dans la même spécialité, et 13 000 personnes seulement dans les filatures mécaniques.
Les transformations du chanvre comptent 500 000 ouvriers dans les usines et 5 000 dans les ménages. Celles du coton
350 000 ; le tissage a lieu presque entièrement à la main. Dans les lainages, c'est 150 000 à la main, et 500 dans les établisserpents manufacturiers. En résumé, la Russie occupe encore environ 4 700 000 personnes isolées, et à peine 1 300 000 ouvriers employés dans les usines automatiques. Il s'ensuit que, • pour fabriquer la quantité de produits transformés en Europe, évalués précédemment à plus de 11 milliards, il eût fallu employer au moins 60 millions d'âmes par les moyens encore en grande partie en usage dans ce pays. Les salaires sont extrêmement bas ; une femme gagne 6 copecks ou 24 centimes, et les tisserands de 68 centimes à 2 francs par jour, en moyenne 1 fr. 20 c. La rémunération des ouvriers des établissements automatiques est de 1 fr. 25 c. pour les femmes et 3 francs pour les hommes.
Sous le rapport de la répartition des sexes dans le travail des arts textiles, les proportions varient suivant que l'industrie est automatique ou encore exercée en partie à la main, comme en Russie. Dans le dernier cas, le nombre des femmes dépasse considérablement celui des hommes ; il est d'environ le double. Dans les industries automatiques, si l'on se base sur les statistiques établies avec beaucoup de soin, pour chaque spécialité en Angleterre, on arrive, en chiffres ronds, aux moyennes suivantes :
Femmes. Hommes.
Industrie du coton Rapports 68 p. 100 32 p. 100
— du lin — 60 — 40 —
— de la laine peignée — 57 — 43 —
— de la laine cardée — 67 — 33 —
— de la soie — 58 — 42 —
On pourrait, en quelque sorte, indiquer le degré de progrès relatif de chaque contréje par les rapports du personnel aux productions et à la répartition des sexes pour un résultat donné. Le degré d'automatisation étant d'autant plus complet que le
nombre des personnes est moindre et que celai des femmes y domine.
Ces calculs ont un intérêt sérieux s'ils sont basés sur des éléments exacts. Or, les chiffres qu'on donne à cet égard sont très-incomplets pour certains pays, et on ne procède pas d'après les mêmes bases partout. On s'exposerait à des erreurs, en faisant cette comparaison d'une façon générale. Nous nous sommes, par conséquent, borné aux éléments concernant le Royaume-Uni, parce qu'ils nous ont paru aussi complets qu'exacts.
§ 13. ^ Des principales espèees et variétés eomprlses dans les prednlts de quatre substancies fondamentaleSf de leurs destinations diverses et des eontrées qui les transforment.
Les produits compris dans les tableaux précédents sous les iloms de cotonnades^ toileries, lainages et soieries sont les résultats des transformations des matières fondamentales indiquées par ces dénominations, employées pures, mélangées entre elles ou à d'autres substances filamenteuses d'une importance accessoire. Ces produits comprennent, chacun sous une dénomination générique, des articles qui peuvent différer d'une manière tranchée par leurs caractères et apparences, par les moyens qui concourent à leurs transformations et par leurs destinations diverses. Il est évident que la substance et les moyens doivent être appropriés aux caractères recherchés pour satisfaire à des buts déterminés et à des services bien définis.
Sous ce dernier point de vue, on peut classer toutes les étoffes imaginables en trois grandes catégories :
1* Celle pour l'art vestimentaire proprement dit, destinée aux vêtements : c'est la plus importante ;
2° Celle destinée à l'ameublement, comprenant les tissus
pour tapis, rideaux, tentures, meubles, "voitures, tableaux, tapisseries, etc. ;
3® Celle dont les articles sont utilisés dans les arts divers, tels que les toiles d'emballage, les toiles à voiles, à blutter, à tamiser, à filtrer, à presser, à faire les enveloppes de ballons, les tuyaux pour les liquides, les tissus pour garnitures de cardes, pour courroies, harnachements, etc.
Les étoffes pour habillements se divisent, à leur tour, en articles peu conducteurs pour vêtements chauds, dont la laine et les poils forment la base ; en tissus à appliquer sur le corps, susceptibles d'absorber les humeurs de la peau ou à en frictionner la surface, telles que les flanelles et même certaines cotonnades; en vêtements légers jouant le rôle d'écrans isolants, comprenant les tissus blancs légers ou en nuances claires. Chacune de ces spécialités peut être plus ou moins ornementée pour répondre aux exigences du goût et du luxe auxquels est destinée la grande variété des façonnés de toute nature des diverses catégories.
Toutes les contrées, dans l'état actuel des choses, ne sont pas également habiles ou également favorisées dans les conditions de l'exploitation de ces diverses branches manufacturières. Deux pays seulement, la France et l'Angleterre, ont abordé jusqu'ici l'ensemble des variétés auxquelles les matières textiles donnent lieu. Ils n'ont cependant pas un succès égal dans toutes. Les autres contrées manufacturières du monde n'ont, jusqu'à présent, que peu d'importance dans certaines directions industrielles ; l'analyse suivante donne les valeurs des principales espèces d'une même substance, et signale les situations internationales envisagées sous ce point de vue spécial.
Les cotonnades^ tant sous le rapport de leur valeur que sous celui de leurs caractères spéciaux, comprennent des articles d'une grande différence de prix et de moyens dans leur exécution. On peut distinguer, sous ce double point de vue, les pfin-
cipaux produits suivants : les toiles cirées, les calicots et autres cotonnades unies, les mousselines de toutes sortes, les velours et velvets, les tricots, les tulles, dont lés prix moyens peuvent être résumés comme suit :
Le kilogramme.
Les toiles cirées et goudronnées 4 fr.
Les calicots, les percales et diverses sortes de toiles
unies, et croisées 5 à 7
Les châles et les mouchoirs 9 à il
Les couvertures 6 à 7
Les velvets, les velours, les moleskines, etc 7 à 10 fr. 50 c.
Les étofTes mélangées il à 12
Les toiles à carreaux et guinées 14 à i 6
La passementerie et la rubannerie 15 à 16
La mousseline et la gaze 23
La bonneterie 8 à 45 ^
Le tulle façonné avec application de dentelle 58 à 60
Ces onze articles fondamentaux forment autant d'industries séparées, dont l'importance et la puissance varient avec les contrées manufacturières ; certaines d'entre elles, telles que les tulles, par exemple, n'ont un grand essor qu'en Angleterre et en France. D'autres, les velours, les velvets, etc., ont une importance plus grande en Angleterre que partout ailleurs. Les damassés peuvent se rajiger en deux catégories : celle des produits courants et celle des articles de luxe ; pour ces derniers, ainsi que pour les gazes, les mousselines imprimées surtout, la supériorité appartient à la France. La plupart des autres spécialités s'exercent à peu près dans toutes les contrées qui se sont approprié le travail du coton. Cependant, les principaux centres de la fabrication de la bonneterie qui alimentent les marchés étrangers sont : l'Angleterre, la France et la Saxe.
^ Certaines de ces estimations sont empruntées à la commission des valeurs, mais lorsque celle-ci ne donne qu'un prix, nous indiquons des limites. Ainsi, pour 1865, la Commission porte la bonneterie à 45 francs. Or, elle peut varier en raison de ses réductions depuis 2 à 12 mailles au centimètre.
L'outillage varie également plus ou moins avec chacune de ces branches de la fabrication. La bonneterie, les tulles et la passementerie, par exemple, ont chacune un matériel entièrement distinct, et qui diffère totalement de celui nécessaire aux produits des autres catégories. La fabrication de ces dernières, des cotonnades ordinaires, des mousselines, des couvertures, des toiles à carreaux et des tissus veloutés, se caractérise particulièrement par la qualité des matières premières, par certaines modifications dans le tissage, et surtout par les apprêts destinés à donner les apparences propres à chacun de ces produits.
Les tissus du chanvre^ du lin et du jute comprennent des articles depuis 1 fr. 60 c. jusqu'à 100 francs le kilogramme, embrassant des produits désignés sous les noms de « treillis, toiles à voiles, batiste, tricots, filets et dentelles. » Chacune de ces spécialités renferme, à son tour, une infinité de qualités. Ainsi, les toiles unies ^ par exemple, varient considérablement de finesse, et renferment le tissu du jute à 1 fr. 60 c. et la toile de lin ou de chanvre de 3 fr. 80 c. à 28 francs le kilogramme, et comme articles intermédiaires :
Le kilogramme.
La batiste et le linon 12 à 15 fr.
La passementerie.;.... 10 à 11 fr.
La bonneterie • 9 à 9 fr. 50 c.
Le linge de table damassé 8 fr. 50 c. à 30 fr.
La toile imprimée pour ameublements 25 à 27 fr.
Les tulles 100 fr.
Tous les pays manufacturiers produisent la toilerie unie h. fils serrés ; quelques-uns se sont fait une réputation spéciale sur les marchés étrangers. La toilerie ordinaire de la France est estimée partout ; l'Angleterre et surtout l'Irlande ont une grande vogue pour. leurs bellçs toiles fines et blanches. Les batistes françaises et les damassés de luxe ont un succès équivalent. Les toiles à voiles anjglaises, qui, autrefois, n'avaient de rivales
nulle part, sont au moins aussi bien traitées actuellement par la fabrication française. Il en est de même des filets de pèche. Quant à la bonneterie en lin, donlTimportance va en diminuant, en raison de raccroissement de celle du coton, nous ne Tavons mentionnée que pour mémoire. On a déjà vu (chap. IX, § 4) que c*est Tindustrie écossaise qui a particulièrement développé les produits du jute sous le rapport des quantités transformées et de la variété des résultats. Il en est de même en faveur de TAngleterre pour certains articles communs, tels que les tapis de pied en toutes sortes de fibres exotiques, tirées de fruits Qu de cosses.
On se rappelle que dans beaucoup de contrées, telles qu'en Russie, en Italie, certaines parties de l'Allemagne et des Pays- Bas, cette industrie de la toilerie, y compris celle du filage, forme encore une occupation domestique. Dans d'autres, au contraire, au nombre desquelles l'Angleterre, la France et la Belgique prennent le premier rang, le travail à la main, même pour le filage, ne peut plus s'exercer que dans des conditions exceptionnelles, et d'une façon désavantageuse pour ceux qui s'en occupent. Le filage extrafin, à des titres que les machines ne peuvent encore atteindre, fait cependant exception. Dans cette spécialité seulement, des fileuses flamandes, du nord de la France et de quelques autres contrées obtiennent un salaire, sinon très-rémunérateur, du moins acceptable. Ce n'est que dans les pays où la journée de l'Quvrière ne dépasse pas 15 à 20 centime^, que le filage au rouet a pu se continuer. Cette condition prouve bien la rude concurrence qui leur est faite par les machines, même dans les circonstances où leur emploi paraît désavantageux à priori.
Les tissus de laine et de poil renferrnent une série d'articles courants dont les valeurs sont comprises entre 3 et 180 francs le kilogramme, et dont les caractères offrent une variété infinie. Ces produits sont les résultats de deux grandes branches indus-
K£NSE1GMEME]STS STATISTIQUES. 363
trielles, désignées sous les noms de spécialités de laine et de poil peignés^ et sous celui de la laine et des poils cardés.
Tous les tissus en fibres animales qui n'ont pas subi l'action du cardage sont, par conséquent, traita par le peigne, les mérinos, les mousselines de laine, les tapis, les tapisseries^ les dentelles unies ou façonnées, les tricots estâmes, sont dans ce cas, et rangés dans la première catégorie; ceux cardés, feutrés, comprenant les feutres de toute espèce, la draperie, les tissus à duvet, à poil droit ou couché, ondulés ou frisés, appartiennent à la seconde.
On distingue principalement dans les articles à fils lisses peignés :
Le kilogramme.
Les tapis de pied communs et les couvertures à
poils 2 fr. IS c.
Les tissus ras en crin de toute sorte 2 50
. Les tapis de pied ras et veloutés, avec chaîne en
chanvre ou en lin 7 à 7 50
Le burail et le crépon 17
Toile en crin pour tamis à l'usage des fabriques
de produits chimiques 18
La passementerie en laine 1 9 à 20
La passementerie en crin 50 à 55
Les étoffes diverses : mérinos, serges, escot,
panne, etc 20 à 21
Les châles brochés et façonnés i . . « 35 à 36
Les étoffes mélangées 16à 17
Les dentelles en laine 108 à i 10> 50
La spécialité des articles en laine cardée plus ou moins foulée comprend principalement :
Le kilogramme.
Les draps lisses proprement dits — ! 14 à 15 fr.
Les casimirs et autres tissus croisés, foulés et
drapés 14 à 15
Les tapis feutres 8 à 12
La bonneterie foulée 28 à 30
La bonneterie d'autres poils 39 à 40
La bonneterie en castor 180
Les quelques catégories ci-dessus embrassent à leur tour un nombre assez considérable de variétés. La draperie lisse, par exemple, comprend tous les articles tissés comme la toile, pour être feutrés et apprêtés, dans le b\it de former une échelle de produits des zéphirs aux çuirs-laine^ dont les noms indiquent suffisamment les différences de caractères sous le rapport de l'épaisseur et du poids par unité de surface. C'est encore cette spécialité qui réalise en même temps les étoffes unies de couleur, ayant reçu la teinture, soit en laine, soit en pièce, ou les tissus dits nouveautés^ et façonnés au tissage par Tentrelacement des fils teints au préalable. Ces diverses espèces peuvent être produites en articles classiques, c'est-à-dire garnis en duvet court couché, lustré, ou en poil plus ou moins long, incliné ou debout, frisé, ondulé ou ratine. Ces caractères divers, déterminés aux apprêts, peuvent être imprimés aux articles tissés à fils serrés et à ceux à mailles élastiques de la bonneterie. De là, un nombre proportionnel de variétés dans les deux spécialités.
Toutes les contrées manufacturières produisent indistinctement les lainages drapés, sinon dans toutes leurs variétés, du moins leurs articles classiques et fondamentaux, comprenant la draperie lisse unie, ou à petits effets. Il n'en est pas de même des tissus non foulés, ras ou à poil. En France et en Angleterre, le travail de la laine se parta'ge à peu près par moitié ; la valeur des produits est presque égale pour les deux grandes spécialités. Leurs résultats ne sont cependant pas les mêmes dans les deux contrées. En Angleterre, la consommation de la laine lisse, longue et brillante, destinée aux tissus fermes et carteux, dont les reps et les popelines offrent les types les plus caractérisés, domine dans rindustrie de la laine peignée. En France, la masse des articles ras comprend, au contraire, les étoffes moelleuses et souples (type mérinos) obtenues avec des laines à mèches d'une finesse plus grande que celle des laines d'Angleterre, et dont la longueur est intermédiaire entre celle
des fibres courtes et vrillées dont la draperie fait usage, et celle des mèches longues des laines d'Ecosse, des Pays-Bas, de la Plata, etc.
Ce sont ces deux contrées, la France et la Grande-Bretagne, qui jusqu'ici alimentent la plupart des marchés étrangers en tissus ras dans leurs principales variétés. Les autres nations, TAUemagne, la Belgique, la Russie, l'Espagne , etc.,. dont certaines exportent des quantités considérables de lainages, comme le démontrent les tableaux précédents, transforment surtout les laines à la carde, et produisent principalement des étoffes foulées et drapées. Les plus importantes sous ce rapport, loin de pouvoir faire une concurrence sérieuse au dehors à notre industrie et à celle de nos voisins d'outre- Manche, sont obligées de leur demander des fils peignés et des tissus ras, pour leur consommation intérieure. Aussi tous les pays manufacturiers qui se trouvent dans cette condition font-ils des efforts considérables pour développer chez eux la grande spécialité qui leur fait en partie défaut. Le nombre des broches destinées à filer la laine peignée va, chaque année, en augmentant chez la plupart de nos voisins du continent. Le mouvement présente ;là un caractère différent de celui qu'on a pu remarquer jusqu'ici dans l'industrie française. Celle-ci ne comptait, en général, à l'origine, que des établissements d'un nombre de broches relativement peu considérable ; ce n'est que peu à peu que les grandes filatures se sont constituées. Si l'on excepte quelques anciennes usines de la Picardie, de la Champagne et de l'Alsace, d'une importance déjà ancienne, toutes les grandes manufactures, dont la quantité de broches dépasse six mille en moyenne, sont d'une création récente. Les grandes filatures, surtout de Roubaix et de Reims, ne remontent pas à plus de vingt ans. Elles sont le résultat d'un développement naturel et progressif, et la conséquence des besoins de la consommation dans les temps normaux.
36iS LIVRE 11. DU MATÉRIEL.
A l'étranger, au contraire, les nouvelles usines s'établissent en général, dès leur début, sur une grande échelle, et par des sociétés puissantes. Les machines et le personnel de l'étatmajor viennent , presque toujours , de l'Angleterre ou de la France, suivant que la fabrique a la laine longue et forte ou la laine fine et lisse en vue. C'est ainsi que se sont formés la plupart des grands établissements en Allemagne, en Russie, en Italie et en Espagne. Il y a de ces usines d'une grande importance, mais le nombre en est restreint.
Certains de ces établissements jouissent d'avantages économiques que n'ont pas leurs devanciers des autres contrées^ Ceux-ci, pour continuer la lutte avec succès, doivent, par conséquent, redoubler d'efforts et compenser les éléments défavorables par l'avantage que donne toujours une position légitimement acquise parj le progrès si on sait lui rester fidèle. C'est surtout aux époques de crises, comme celle que nous traversons, que l'influence des connaissances spéciales et du progrès se manifeste d'une façoi^ évidente pour l'observateur compétent. Nous pourrions citer des maisons dans diverses spécialités qui, malgré le fâcheux état des affaires, savent réaliser des produits encore particulièrement recherchés et qui les écoulent avec bénéfices à côté de certains de leurs voisins mis aux abois par la crise^ quoique les ressources matérielles soient les même3 de part et d'autre.
Cette anomalie apparente est, sans aucun doute pour nous, la conséquence d'une différence de connaissances et d'aptitude. Les industriels qui souffrent le moins de l'état actuel des choses sont les théoriciens dans la bonne acception du mot, c'est-à-dire Tes manufacturiers complets^ qui savent par expérience tout ce que l'assimilation des lois générales qui régissent le travail et les moyens techniques auquel il est subordonné peuvent, à un moment donné, rendre de services. Ce sujet de la diffusion des connaissances générales et spéciales
prend chaque jour plus dlmportance , il ne peut, par conséquent, se traiter incidemment ; nous abandonnons donc cette digression pour revenir au point qui nous occupe en ce moment.
Les SOIERIES, rangées par articles spéciaux, comprennent les étoffes unieSi façonnées^ brochées^ les crêpes^ les gazes^ les velours, les tricots^ les tulles, les dentelles^ la passementerie^ la rubaniierie et la bonneterie. Chacune de ces grandes branches embrasse à son tour un certain nombre de variétés. On peut comprendre dans les unis les foulards écrus et imprimés, les taffetas, les batavias, les satins, les velours, etc. Dans les façonnés, les damas, les lancés avec un plus ou moins grand nombre de lats ou de couleurs, les lampas, les brocarts, etc., c'est-àdire les étoffes plus ou moins riches dont les effets sont de plus en plus compliqués et offrent des caractères spéciaux de relief et de complication obtenus par la soie pure, ou par celle-ci mélangée à des fils d'or et d'argent fins ou faux, mais dans lesquels les figures ou les dessins quelconques sont réalisés par des fils de trame allant d'une lisière à l'autre, ou des fils de chaîne continus et non interrompus dans leur direction. Les soieries brochées^ au contraire, se distinguent des précédentes, en ce que les effets façonnés imitent ceux de la broderie, en ce sens que les fils dp l'ornementation ne sont utilisés qu'aux points où ils doivent apparaître. Ces articles ont à leur tour une valeur variable, suivant qu'ils sont en soie pure ou mélangée à des fils d'or et d'argent, ou à d'auti^es métaux. Il en est de même des gazes, des dentelles, dont les caractères restent immuables, mais dont les apparences varient en raison de la nature des fils employés.
La soie pure présente d'ailleurs, on lésait déjà, des fils dont la vdeur peut différer considérablement. Toutes choses égales d'ailleurs, on peut établir deux grandes catégories, les fils de grèges et de bourres, les mêmes articles pouvant être établis
368 LIVRE II. nu MATÉRIEL.
indistinctement avec ces deux sortes de fils, dont l'origine a été suffisamment expliquée (chap. n, §§ 6 et 7). Nous nous bornons à en donner les prix moyens :
!« Ulogramme.
Couvertures 40 fr.
Foulards unis 62
Foulards imprimés ; 74
Tissus unis pour robes^ taffetas Batavia, satin , etc. 146
Tissus façonnés 140
Tissus façonnés brochés • . . • 172
Tissus façonnés brochés d'or fin 230
Tissus façonnés brochés d'or faux 100
Gazes en soie pure ' 205
Gazes en soie pure mêlées d'or un 265
Gazes en soie pure mêlées d'or faux 215
Dentelles dites blondes ; 290
Dentelles mêlées d'or 800
Dentelles mêlées d'argent 400
Crêpes unis 125
Crêpes brodés, unis et façonnés 205
Tulle 125
Bonneterie / 104
Passementerie 100
Passementerie mêlée d'or fin 180
Passementerie mêlée d'or faux 60
Rubannerie unie et veloutée 140
Produits en bourre de soie y fleuret»
Couvertures .• 25
Tissus unis en bourre pure 45
Tissus en bourre pure mélangés de soie 70
Tissus unis façon cachemire . . 35
Tissus unis mélangés à des fils d'or fin 140
Tissus unis mélangés à des fils d'or faux 50
Tissus unis pour bonneterie 83
Tissus unis pour passementerie et rubannerie ... 48
Les tableaux statistiques de ce chapitre ont déjà démontre que la France est la contrée de TEurope oîi le travail de la soie a le plus d'importance, et nous pouvons ajouter où elle est tellement complète qu'aucune branche ne lui fait défaut.
RGNSSIGNEMENTS STATISTIQUES. 369
Les transformations de la soie mettent particulièrement en éiridence les aptitudes multiples et remarquables de l'industrie française dans l'art d'élever les vers, si éprouvé en ce moment, et dans les moyens d'en former des fils à divers états. Aucune contrée ne lui est supérieure, elle les distance au contraire toutes, excepté l'Italie, qui peut être placée à peu près au même rang sous le rapport de l'importance et de la perfection de ses fils. Dans la production des étoffes, la France excelle -également dans toutes les variétés et n'a de rivales que sous le rapport de l'exécution économique de certains articles, tels que les tissus unis à bas prix des Anglais, la rubannerie de toutes sortes des Suisses, et les velours façonnés ordinaires de l'Allemagne. Mais pour les tissus soignés, ne laissant rien à désirer, composés de la catégorie des beaux unis et des fantaisies de toutes sortes, qu'on pourrait désigner sous le nom de façonnés artistiques^ l'industrie française a des rivales, mais n'aura pas de concurrents redputables, tant qu'elle poursuivra ses estimables traditions dans cette direction, tant que la consommation aura le goût du beau et sera en état de le payer.
Rien ne prouve mieux la puissance relativement exceptionnelle de l'industrie suisse, que l'importante concurrence qu'elle est parvenue à faire à la soierie et surtout à la rubannerie françaises sur les marchés étrangers. On a souvent indiqué, dans des écrits spéciaux, les avantages économiques auxquels la Suisse doit cette puissance ; mais on n'a peut-être pas assez insisté sur un point, sur l'absence de la réciprocité de certaines conditions d'exploitation. Un Suisse, auteur d'une invention quelconque, peut la faire breveter et en tirer profit dans toute l'Europe et même en Amérique. Il peut également s'approprier gratuitement les inventions de ces contrées, tandis que tout autre Européen ou Américain sera obligé de payer une redevance pour jouir de cette môme invention. Or. les deux cas «e présentent journellement en faveur des Suisses, et ne sont
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pas aans influence sur leur prospérité industrielle, dont aous sommes loin de leur fiiire un reproche ; mais nous avons toujours été frappé de ce manque de réciprocité, dans les rapports internationaux. Il en résulte, d'ailleurs, certains inconvénients qui ne peuvent être mentionnés ici, et sur lesquels nous aurons peut-être Toccasion de revenir ailleurs. Il est cependant juste de reconnaître et de rappeler que la Suisse ne se borne pas à emprunter les progrès d'autres nations industrielles; elle a sa part propre dans les progrès réalisés ou en voie de se faire adopter dans le travail de la soierie. Nous en avons cité di* verses preuves dans la partie de cet ouvrage concernant le matériel destiné aux transformations de la soie.
Les efforts de Tltalie, ce pays classique de la belle soie, pa« raissent surtout se concentrer sur les premières opérations, celles du magnanier et du filateur. Ceux de l'Angleterre s'ap* pliquent principalement au moulinage et à la fabrication des tissus unis. L'Autriche et la Prusse foi^ des progrès dans la fabrication des soieries de luxe et des velours, si Ton en juge par les articles que ces pays ont envoyés à l'Exposition.
Quant aux produits de l'Orient, ce sont toujours les collections en quelque sorte stéréotypées depuis 1851, des articles éblouissants de soie d'or et de couleurs, dont l'invariabilité dans la forme, aussi bien que dans les moyens de production^ fait la force et la faiblesse des industries pour ainsi dire domestiques auxquelles on les doit. La simplicité, la rusticité des moyens et la modicité des salaires de ces contrées contrastent, en général, avec la richesse et l'éclat des produits.
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