‹ Fabrication des étoffes: Études sur les arts textiles à l'ExpositionChapitre 7 sur 49 · Des eoeons» des soles et suitlères soyeuses brates · texte numérisé non relu

Des eoeons» des soles et suitlères soyeuses brates

Les recherches provoquées par la crise séricicole et les efforts tentés pour y trouver un remède ont été moins heureux que pour la crise cotonnière. Voilà bientôt quinze ans que Tindus-* trie des soies s'ingénie pour ramener la production des cocons à un état normal en Europe, et qu'elle est obligée de plus en plus d'avoir recours à l'Inde et à l'extrême Orient pour parer à la rareté de la production indigène. Aussi les importations de l'Angleterre, principal entrepôt des soies exotiques, augmentent-elles constamment : elles se sont élevées en 4865 à 275 millions de francs, dont la moitié à peine a été consommée par la Grande-Bretagne. Elle a revendu le reste à ses voisins et surtout à la France. Son commerce a trouvé une compensation à la gêne que la cri^e faisait éprouver à son industrie.

Les moyens proposés pour remédier à cette crise peuvent être rangés en trois catégories : 1"* l'ensemble des soins et des procédés destinés à mettre l'insecte à l'abri de la maladie ; 2"* les essais divers d'acclimatation de races particulières de vers plus rustiques, et susceptibles de donner en Occident une soie nouvelle, plus ou moins belle; 3** enfin la recherche des diverses localités, qui se trouvent dans de bonnes conditions pour produire des cocons normaux et sains à des prix avantageux.

Les moyens et procédés de la première catégorie, qui rentrent plus dans la science pure que dans la technologie, sont peu susceptibles de figurer h une Exposition. Mais les cocons obtenus à la suite de l'application de remèdes aux vers des ma* gnaneries infectées auraient dû être exposés, et paraissent faire défaut; nous n*avons, du moins, vu aucune indication à ce sujet. Nous pensons donc que les remèdes auxquels nous

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faisons allusion sdtit eticofë à l'état d'essais et n'bnt fdurni jusqu'ici que des données insuffisantes pour en proclamejb Tefficacité absolue.

Quant aux nouvelles espèces de soie, de l'ailante^ du ricin, du chêne, du prunier d'Amérique, et aux diverses variétés plus ou moins distinctes, désignées d'une façotl générique sous le nbrh de soie de vers sauvages^ à cause de rapparencé Rustique et ped brillaiite dll fil, l'Èxpbsition en itibntre dès échatltillotis intéressants, obtenus en France, datis Tltide et dans nos colonies. La Rédrtibn, la Guyatie, le Sénégal, entre autres, ont envoyé des spécimens de be genre j mais il ne nous à pas été permis de nous édifier sur la possibilité d'étendre cette production et sur les conditions commei'ciales des diverses éducations. La lenteur de développement dé ces exploitations, ttialgré les encouragements et les stimulants dont elles sont l'objet, et dont elles pourraient se passer eh présehce des prix élevée dé la tiiatièrë, nous fait craindre que le remède ne soit pas dans cette direction.

Nous pensons que le salut de l'itidUstrie réside d'abord dans la recherche des moyens préservateurs hygiéniqiieSj dans l'obsei-vatibn des soins recommandés déjà par Olivier de Serres, et surtodt dans la propagation de la culture dll mûrier dans les contrées oîi les conditlbns climatériques sont les plus favorables h l'éducation des insectes.

La Confédération Argentine, les Etats de Costa-Rica, du Paraguay, du Pérou^ de l'Uruguay, de l'Equateur, qui nous envoient déjà diverses sortes de produits, et, entre autres, des laines fort intéressantes, présentent à l'Exposition d'assez beaux spécimens de cocons ; ces pays sont tout à fait privilégiés pour l'élève des vers à soie. Nous nous sommes assuré qu'ils possèdent d'immenses plantations xle mûriers vierges de la plus belle venue. La république de l'Equateur, à elle seule, compté plus de cinq cent mille pieds de mûriers. La température pen-

dafat le jour et la nuit ne varie pas de plus de 3 à 6 degrés toute Tannée; elle est en moyenne de 20 à 21 degrés. Dans les essais effectués sur une échelle suffisante, on n'a pas remarque un seul ver atteint de maladie^ pendant les deux récoltes arlnuelles que permet le climat. Aussi avons-nous insisté auprès des grands propriétaires de ces contrées, qui nous ôht donné ces renseignements, pour qu'ils se livrent ali développement de cette riche exploitation. Des sériciculteut*s du midi de la France, engagés par eilx, sont déjà à l'œuvre^ et les nouvelles qu'ils envoient sur la facilité de l'élève des vers confirment nos espérances. Le marché de Marseille recevra, la saison prochaine, des cocons de l'Equateur, dont la production croissante poiirra devenir une des ressources les plus puissantes pourl'industrie 'de la soie. i

Quelques pays moins éloignés, quoique peu importants encore à cet égard, le sud de la Russie, entre autres, ont fait des progrès dignes d'être signalés. Introduites par Pierre le Grand, la culture du mûrier et l'éducation des vers étaient restées stationnaires; mais depuis l'annexion de la Transcaucasie, au commencement du siècle, l'art du magrianier est devenu une branche sérieuse de l'exploitation rurale. La qualité des cocons et des soies exposés par la Russie laisse encore à désirer ; le prix de 20 francs le kilogramme, pour les soies de cette provenance, le prouve suffisamment, puisqu'il est inférieur à celui des soies exotiques les plus communes. Néanmoins, la Russie produit déjà un fnilliùn de kilogrammes de soie^ représentant une somme de 18 à 20 millions de francs, qui pourrait être doublée par l'introduction dans le filage de moyens techniques moins grossiers. En attendant, les grandes ressources de l'industrie des soieries de l'Europe sont l'Inde, le Japon, la Chine et le Levant. Les soies de ces provenances sont relativement mollis chères à cause de leur infériorité, et nécessitent des priparations spéciales pour corriger les défectuosités provenant

de rirrégularité du filage. Les manufacturiers ont enfin des moyens de rectification, aussi pratiques qu'ingénieui , pour tirer le parti le plus avantageux de ces soies. Nous décrirons plus loin ces moyens, qui ont produit une véritable sensation chez les visiteurs compétents de l'Exposition. La rareté des soies continues tirées directement des cocons et l'élévation con* stante du prix de tous les déchets soyeux ont eu pour conséquence de nécessiter pour cette matière ce qui a si bien réussi pour les laines. On a eu recours à l'effilochage des chiffons, afin d'en retirer les filaments et de les utiliser sous forme de bourre ; cette bourre donne des fils auxquels on ne peut adresser les reproches opposés à ceux des chiffons de laine, la soie généralement peu usée fournissant des fibres d'une solidité remarquable. «

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