‹ Face à face ou Luttes mentales d'un catholique romain [microforme]Chapitre 10 sur 24 · ESS · texte numérisé non relu

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des fidèles, ou l’église, intervient pour décider de la question, comme le ferait un jury.

Dans son sermon sur la montagne, Jésus dic encore : ‘ Si tu apportes ton offrande à l’autel, et

que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse à ton offrande devant l'autel, et va-t-en premièrement te réconcilier avec ton frère.” Il n’y a donc pas lieu à lintervention du prêtre.

L’Evangile nous déclare de plus que Pierre, s’approchant du Seigneur lui demanda: ‘“ Combien de fois pardonnerai-je à mon frère lorsqu'il m’aura offensé ? Sera-ce jusqu’à sept fois ?” IL faut remarquer que Pierre parle d’offenses personnelles. Jésus lui répond qu’il doit pardonner ‘jusqu’à septante fois sept fois.”

— Hé quoi! papa, dit Jean subitement, quatre cent quatre vingt dix fois ?

— Certainement, mon ami. Ilest probable que ce chiffre est le produit de nounbres sacrés ; toujours est-il que cela veut dire que nous ne devons pas garder de rancune envers qui que ce soit, étant ainsi toujours prêt à pardonner au pécheur pénitent. A l’appui de cette interprétation nous pouvons citer l’Oraison Dominicale, par laquelle nous demandons à Dieu de nous pardonner nos péchés comme nous-mêmes pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

— Il est donc évident, dit Mr. G., qui si c’est

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notre devoir de nous confesser les uns aux autres, en cas d’offenses personnelles, c’est aussi notre droit ou autorité de nous pardonner les uns les autres ; c’est tout simple et beau ; mais sil s’agit de délits touchant la société en général, comment sortirezvous de cette alternative ?

— Facilement, il ny a qu’à appliquer la même règle. L’offense n'étant plus privée, la confession doit être publique. Et notez que c'était le seul mode de confession en usage dans l'église de Rome antérieurement au pape Léon le Grand.*

— Fut-il réellement le premier, dit Mr. G., avec indignation, qui exposa la conscience du peuple à l'œil scrutateur du clergé? Est-ce lui qui a livré à la torture de cette inquisition privée les actions et jusqu'aux pensées les plus intimes de limperfection humaine ? Quelle infamie !

— Oui, et cependant les autorités de l'église allèguent les passages suivants de l’Ecriture en faveur de la confession au clergé : + ‘ Quand quelque homme ou quelque femme aura commis quelqu’un des péchés que les hommes peuvent commettre contre l'Eternel, et que cette personne en sera trouvée coupable, alors ils confesseront le péché qu’ils auront commis.” (Nombres, V,6,7.) Comme il n’est pas fait mention de confession auriculaire dans ce passage, il est clair qu’on ne peut, sans le tronquer, lui donner telle application.

* Voir Daillé, De Confess. Auricular, IV. 25, etc. t Dr. Challoner’s Catholic Instructed, pages 99 & 100.

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