‹ Face à face ou Luttes mentales d'un catholique romain [microforme]Chapitre 11 sur 24 · TS EP · texte numérisé non relu

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C’est pourquoi le Rev. Dr Challoner, en le citant, en à tranquillement supprimé ce qui paraît nuire à sa doctrine. Son second texte est tiré de l'Evangile selon Saint Matthieu, III, 6: ‘Etils étaient baptisés par Jean au Jourdain, confessant leurs péchés. ” Admettez que pour inférer de ces paroles que Jean avait un confessionnal dans le désert, ilfaut absolument posséder une dose de crédulité à toute épreuve. Mais Saint Luc au 3me chapitre de son Evangile nous fait voir clairement que la confession était publique comme les péchés l'avaient été. Au reste, comment auraitils pu en être autrement, car Jean étant seul pour répondre à cette foule de péagers, de publiains et de soldats.

Le docteur nous présente encore les paroles de l’apôtre Jacques, “confessez vos fautes les uns aux autres ” --passage déjà expliqué --- et termine avec le 18ème verset du XIXème chapitre des Actes: -‘ Et plusieurs de ceux qui avaient cru, venaient confesser et déclarer ce qu’ils avaient fait.” Il n’est pas besoin de vous signaler que ce cas d’Ephèse est similaire à celui de Jean Baptiste au Jourdain. Il n’y a pas plus à qu'ailleurs la moindre intimation de confession secrète ou auriculaire.

— Mais à qui se confesseront ceux qui n’offensent que Dieu seul? demanda Nora qui

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jusqu'alors avait écouté la discussion avec un intérêt continu.

— En employant toujours la même règle, simple, invariable et raisonnable. Qui offense Dieu seul doit se confesser à Lui seul. Le roi-prophète s’écrie dans ses psaumes : “J’ai péché contre toi, contre toi proprement, et j'ai fait ce qui est désagréable à tes yeux.” Et ailleurs: “Je t'ai fait connaître mon péché, et je n’ai point caché mon iniquité. dJ’ai dit: Je confesserai mes trangressions à l'Eternel; et tu as ôté la peine de mon péché.”

— Ilest vrai que je ne vois pas apparaître de prêtre là, dit Nora, mais cette règle n’était en force que sous l’ancienne dispensation,

— Jésus le crucifié, Nora, est l’Alpha et l'Oméga de la nouvelle économie comme de l’ancienne. Dans léglise juive l'office des prêtres était relativement plus imposant que celui des ministres du Christ, en ce que les sacrifices sanglants qu’ils offraient à l’Eternel préfiguraient le grand sacrifice de Agneau de Dieu. Ce sacrifice, en s’accomplissant, a englobé tous ces types dont nous sommes dispensés maintenant. Cela ressort nettement des épîtres de Saint Paul et particulièrement de celle aux Hébreux dans laquelle il tance leur ténacité à se conformer à l’ancien rituel. Il leur démontre que Christ est exalté bien au-dessus des anges, d'Abraham, de Moïse

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et d’Aaron, le souverain sacrificateur, et que par ses souffrances expiatoires pour les péchés du genre humain, il a pour toujours aboli la loi des ordonnances charnelles, s'étant offert lui-même en sacrifice une fois pour toutes. Il se trouve être en mêrre temps victime et sacrificateur éternellement, suivant l’ordre de Melchisédec, et donc ‘“ son sacerdoce ne passe point à d’autres.” Il est le vrai Berger, l’Evêque de nos âmes, pouvant sauver parfaitement ceux qui viennent à Dieu par Lui. Il intercède constamment auprès du Père en sa qualité de Grand Prêtre.

— Je suis enchanté d'apprendre cela, s’écria Mr. G., et je regrette vivement d’avoir vécu 23 ans dans l'ignorance de cette parole divine, qui réfute si victorieusement la fausseté des prétentions cléricales, Quel orgueil que de vouloir s’interposer entre Dieu et les hommes! Quelle présomption que de vouloir renouveler le sacrifice de Jésus- Christ, en s'arrogeant l'autorité de le faire descendre dans un peu de pâte avec un fatras de paroles magiques! C’est la fatuité personnifiée.

— Quoiqu'il en soit, ajouta Mme. Beaudry, le sacrifice de la messe est anti-scripturaire.

— Notre Sauveur, dans tous ses discours, je continuai, a pris soin d’écarter les hommes et les choses qui auraient pu obstruer la communion directe de l’homme avec son Dieu. Rien ne peut le satisfaire que cela. Voilà ce qui fait de

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l’homme, dit un auteur français, un être à part dans la création, un être dont la nature diffère infiniment de tout ce qui l'entoure, et dont la destinée, par conséquent, doit répondre à la sublimité de sa nature. Rien de borné, rien de fini ne suffit au cœur et à l’esprit de l’homme ; rien ne pourrait épuiser ses désirs que la possession même de infini David s’écria: “Comme un cerf brame après les eaux courantes, ainsi mon âme soupire après toi, Ô Dieu! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu fort et vivant.” Jésus reconnaît cette faim et cette soif du cœur humain, et dans sa parabole de l'enfant prodigue, il nous dépeint le pénitent allant directement vers le Père. Prosterné devant lui ilse confesse, sans l'entremise d’un tiers. Vous chercheriez vainement le prêtre dans cette perle des paraboles. Saint Paul met le sceau à ce sujet en disant: “Il ya un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, savoir, Jésus-Christ, homme.” Saint Pierre ajoute : “Il n’y a point de salut en aucun autre ;car aussi il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. ” Nous terminions notre séance en chantant ce cantique :

Christ à l’antel, comme prêtre et victime,

S’offre au Très-Haut pour expier le crime ;

Sans cesse il tend les bras, et daigne ouvrir son cœur A tous les pénitents, leur offrant sa faveur.

FA

| “Venez à moi,” dit-il, plein de tendresse ;

a “C’est pour vous tous que mon cœur s'intéresse : | Etes-vous surchargés, je vous soulagerai ; Etes-vous opprimés, je vous protégerai.”?

Notre Avocat, mais bientôt notre Juge!

De ce trône de grâce où nous te supplions,

| O notre ami, notre unique refuge, | Répands, répands sur nous tes bénédictions.

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