‹ Face à face ou Luttes mentales d'un catholique romain [microforme]Chapitre 4 sur 24 · ES ES · texte numérisé non relu

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Îl L'heure du service étant arrivée, je me hasar- All dai à sortir; mais à l’aspect des rues sombres et | désertes je vis qu’il n’était guère possible d’avoir

une assemblée à l’église; le bedeau n'avait pas

même ouvert la porte, et une fraîche ondée me

| | fit hâter mon retour au gîte.

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Nora Intéressée. 41

Nous ne tardàmes pas à nous réunir dans mon étude. Le bébé fut apporté dans son berceau pour y sommeiller à loisir.

Il ya lieu de raconter ici une piquante épisode : Nora s'était tout à coup intéressée à nos séances.

Il paraît que durant la semaine, les enfants lui avaient donné un compte rendu de nos entretiens précédents, et qu’elle était très satisfaite de la candeur et de la charité avec lesquelles nous avions traité notre sujet. Poussée par sa curiosité naturelle, elle avait adroitement laissé les portes de communication entre-baillées entre sa chambre et notre asile, de manière à pouvoir entendre toute notre conversation, à notre insu. *

Elle avait requis les enfants d’intercéder auprès de moi pour obtenir la permission d’assister dorénavant à nos réunions,

Elle lui fut accordée sans difficulté. A dire vrai je m'y attendais, quoique pas sitôt. Ignorant jusqu’à quel point elle était initiée à nos entretiens familiers, j'avais d’abord été enclin à considérer sa demande comme une plaisanterie ; peut-être aussi était-ce la

* Nous désirons qu’il soit compris des lecteurs, que nous ne voulons aucunement justifier l’action de Nora. Nous ne pouvons que censurer la pratique d’écouter aux portes, trop commune chez les enfants et les serviteurs. Dans cette occurence le bien prévalut sur le mal. A cause de cela nous pardonnâmes volontiers cette unique offense.

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peur de rester seule par un pareil temps, qui la faisait agir.

Toujours est-il que je ne tardai pas à découvrir qu’elle était sérieuse, et que réellement elle aspirait déjà à approfondir la vérité.

Les enfants entrèrent suivis par Luella et Nora qui se tenaient par la main. Elles s’assirent côte à côte, et lorsque le calme fut établi Luella s'adressant à sa voisine lui dit:

— Peut-être pourez-vous me dire, aussi bien que papa, ce que je désire connaître à présent.

Nora pencha la tête un moment comme confuse ou embarrassée, puis répondit: “ Cela dépend de ce que vous voulez savoir. Je vous renseignerai si je le peux. ?

—Bien, pouvez-vous me dire quel est le pivot ou pierre de l'angle, le principal pilier sur lequel repose votre église ?

Elle hésita quelque peu afin de réfléchir, puis

répondit lentement : ‘ Je suppose......que c’est... SON «os... infaillibilité, ” Mais ne paraissant pas

entièrement satisfaite de sa réponse elle reprit:

‘“ Attendez un peu, je pense que c’est plutôt le grand souci qu’elle prend des enfants.”

— Nora a parfaitement raison, dis-je, elle a trouvé la bonne clef. Dans cette circonstance Rome suit les illustres exemples de sa devancière, l'église juive, et du Christ lui-même. N’a-t-il pas dit à ses disciples en leur montrant de petits

L'Enfant. 43

enfants : ‘Le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent, donc si vous ne devenez comme un d’eux vous n’y pourrez entrer.”

— Est-ce que les romains agissent par les mêmes motifs, et sont-ils poussés par le même esprit ? questionna tante Mélie.

—C’est ce que nous saurons en examinant. Afin de recueillir une plus abondante moisson, elle prétend que l'enfant qui meurt sans être baptisé ne peut entrer au ciel, et qu’il est détenu dans un lieu nommé limbes ; c’est pourquoi elle n’en permet pas l'enterrement en terre consacrée, maïs le relègue dans une espèce de champ de potier.

— Il est donc naturel d’inférer qu’il y a quelque chose d’erroné dans un enseignement de ce genre, s’écria tante Mélie. Est-ce que Dieu laisserait le salut éternel de petits innocents dépendre du gré de leurs parents ? Et que deviendraient des milliers d'enfants dans les pays païens, qui sont morts avant de connaître le bien et le mal? En effet qu'y a-t-il de plus compréhensible que lulliance de Dieu avec Abraham, le père des croyants ? Les enfants y étaient inclus puisqu'ils recevaient la circoncision comme le sceau de leur réception et non pour se rendre acceptables. Aïnsi les enfants sont baptisés parce que Jésus-Christ les a rachetés, et qu’ils font partie de son royaume ; mais non pas pour les en rendre dignes. Le baptême ne peut créer l’union d’une âme avec Jésus, il ne peut que le reconnaître.

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